Madagascar bénéficie d'un financement de 200 millions de dollars pour moderniser ses infrastructures de transport. Ce projet vise à améliorer la connectivité et à renforcer la résilience face aux aléas climatiques.
Efficacité, sécurité et résilience climatique. Ce sont les mots-clés du communiqué publié par la Banque mondiale hier. Une missive dans laquelle l'institution financière annonce l'approbation d'un financement de 200 millions de dollars en faveur d'un projet dénommé « Multimodal Transport and Logistics Project ».
« (...) renforcer l'efficacité, la sécurité et la résilience climatique des infrastructures de transport et de logistique le long des principaux corridors économiques (...) maintenir la connectivité intérieure du pays, soutenir le tourisme et garantir un accès fiable aux populations, notamment pour les opérations de secours et les interventions en cas de catastrophe », sont les objectifs du projet. Il part du constat que « des décennies de sous-investissement, aggravées par la fréquence des cyclones, ont fragilisé plusieurs axes stratégiques du pays ».
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L'institution de Bretton Woods estime que le projet bénéficiera à plus de trois millions de personnes. À travers ce financement, la réhabilitation de plusieurs infrastructures de transport stratégiques est ainsi prévue. Les voies ferrées, les ports et aéroports, ainsi que le transport fluvial sont concernés. En tête de liste, la missive de la Banque annonce la réhabilitation du chemin de fer de l'axe Antananarivo - côte Est, qui fait le lien entre la capitale et Toamasina.
L'amélioration et la sécurisation de la circulation sur cette voie ferrée peuvent être un atout dans le domaine du transport de marchandises. Surtout qu'en parallèle, la route nationale numéro 2 (RN2) est saturée. La réhabilitation de l'axe Antananarivo - côte Est « soutiendra également la construction d'un port sec et d'une plateforme logistique à proximité d'Antananarivo, afin de désengorger le port et de fluidifier la circulation des marchandises entre la côte et l'intérieur du pays », selon les explications.
Améliorer la gouvernance
Un port sec est une plateforme de correspondance de transport intermodal directement connectée par route ou par chemin de fer à un port maritime. Des travaux de réhabilitation concerneront les ports de Mahajanga et de Toliara. Les interventions porteront notamment sur la remise en état des quais, des voies d'accès et des équipements portuaires. L'objectif est d'assurer un fonctionnement continu des installations portuaires tout au long de l'année, y compris en période de conditions climatiques difficiles.
Le projet inclut également la réouverture et la réhabilitation d'environ 200 kilomètres du canal des Pangalanes. Des opérations de dragage, la protection des berges et l'installation d'équipements de navigation sont ainsi prévues. « Il contribuera ainsi à restaurer une voie fluviale essentielle reliant des communautés côtières isolées (...) », défend notamment la Banque mondiale. Dans le domaine aérien, des améliorations seront apportées aux aéroports régionaux de Toamasina, Tolagnaro et Toliara.
Par ailleurs, le programme prévoit un appui au renforcement des capacités des institutions en charge des infrastructures de transport. Des actions seront également menées pour améliorer la gestion, la supervision et la gouvernance du secteur, dans l'objectif d'assurer la durabilité des investissements réalisés. Selon l'institution de Bretton Woods, ce financement s'inscrit dans un ensemble de projets d'infrastructures destinés à améliorer l'ensemble du système de transport national, dont la réhabilitation des routes.
« En réhabilitant conjointement les chemins de fer, les ports, les voies navigables et les aéroports, nous aidons Madagascar à réduire les coûts de transport, à protéger des chaînes d'approvisionnement vitales et à garantir la continuité des échanges pour les populations et les entreprises, même face aux chocs climatiques », déclare ainsi Atou Seck, représentant de la Banque mondiale à Madagascar.