Les arnaques liées aux offres d'emploi à Maurice connaissent une progression notable. Un suspect a été placé en détention provisoire.
Une dizaine de personnes, victimes d'une escroquerie liée à un faux emploi à Maurice, ont quitté le tribunal d'Antananarivo à Anosy, soulagées, hier après-midi. « L'homme qui nous a escroqués a été placé sous mandat de dépôt à Antanimora, en attendant la prochaine audience. Il est juste et légitime qu'il purge une peine pour l'escroquerie dont nous avons été victimes et qui a totalement bouleversé nos vies », a déclaré Raharinirina Razafindrafara, l'une des plaignantes.
L'inculpé, à la tête d'une agence à Iavoloha, aurait promis à ses victimes un emploi à Maurice en échange d'une somme d'argent. « Il m'a demandé deux millions d'ariary pour un poste de machiniste à Maurice, en 2024. Cette somme était censée couvrir également des frais administratifs, qu'il affirmait avoir pris en charge à notre place. Il m'avait même présenté un contrat de travail», poursuit la plaignante. Elle n'a jamais rejoint le poste. Depuis, ses dettes s'accumulent.
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Ces situations sont loin d'être isolées. Les arnaques liées aux offres d'emploi à Maurice semblent se multiplier. Selon James Andriamalala, président de l'association Malagasy Miray Hina, basée sur l'île, une quarantaine de jeunes Malgaches ont récemment été refoulés dès leur arrivée à l'aéroport de Plaisance. « Ils ont rejoint l'île avec un visa touristique, alors que leur objectif réel était d'y trouver un emploi. Derrière ce phénomène se dessine un réseau structuré », affirme-t-il.
Vérification
Une source au sein de l'ambassade de Madagascar à Maurice n'a pas confirmé l'ampleur de ces refoulements, tout en reconnaissant que les cas de détention administrative ne sont pas rares. « Le plus souvent, ces situations s'expliquent par des dossiers incomplets ou un motif de voyage jugé peu convaincant », précise-t-elle.
Le phénomène n'est pas nouveau, mais tend à s'intensifier. « Certaines agences réclament jusqu'à 10 millions d'ariary par personne, allant jusqu'à enrôler près de 600 candidats pour une cinquantaine de postes. Au-delà de ces montants, des cas d'abus sexuels et de confiscation de passeports sont également signalés », déplore James Andriamalala.
Face à ces pratiques, le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Fonction publique recommande aux candidats de faire vérifier toute offre auprès de ses services, situés aux 67 Ha, portes 404-405, avant d'engager des démarches. Cette vérification vise à limiter les fraudes et à renforcer la protection des travailleurs. Sans validation préalable, les garanties offertes aux candidats restent limitées.