Des enfants sans copie d'acte de naissance perdent leurs droits fondamentaux. Privés d'identité juridique, ils deviennent invisibles aux yeux de l'administration. Cette situation les empêche d'accéder à l'éducation, aux soins et à la protection.
« En effet, un enfant de la rue dépourvu d'identité légale est considéré comme un enfant « inexistant ». L'absence d'acte de naissance constitue encore un obstacle majeur pour ces enfants », a déclaré la présidente de la Plateforme de la société civile pour l'enfance (PFSCE), Maria Raharinarivonirina.
Pour remédier à cette situation, sept cent cinquante-neuf enfants en situation de rue, issus principalement des 1er et 4e arrondissements de la Commune urbaine d'Antananarivo, ont reçu hier leur copie d'acte de naissance dans le Gymnase couvert Mahamasina. Cette action a été menée en partenariat avec la PFSCE et plusieurs acteurs, dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des enfants des rues, célébrée chaque 12 avril.
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Une enquête réalisée auprès des familles de la rue a révélé que plus d'un millier d'enfants ne possédaient pas de copie d'acte de naissance l'année dernière. Face à cette réalité, des efforts soutenus ont été déployés, jour et nuit, pour identifier ces enfants et constituer leurs dossiers administratifs. Malgré ces avancées, de nombreux enfants restent encore sans identité légale. Grâce à cette opération, les sept cent cinquante-neuf bénéficiaires disposent désormais d'une reconnaissance officielle de leur existence. Ils peuvent à présent jouir de leurs droits fondamentaux et envisager un avenir plus stable.
Peur
Le manque d'information, les difficultés financières ou encore les déplacements nécessaires pour effectuer les démarches figurent également parmi les obstacles évoqués par les familles. « Je suis mère de deux enfants et tous n'ont pas d'acte de naissance, car nous n'avions pas eu le temps d'en préparer. De plus, nous avons peur des bureaux administratifs », confie Raharisoa, une mère de famille. « Cette action a été rendue possible grâce à la collaboration avec différents partenaires. L'acte de naissance n'est pas un simple document : il représente une clé essentielle pour l'avenir de chaque individu », a ajouté la présidente de la PFSCE.
À travers cette initiative, la PFSCE réaffirme sa volonté de sensibiliser les autorités et de promouvoir le respect des droits de l'enfant, tout en valorisant la dignité humaine, notamment celle des enfants de la rue. Cette action ne se limite pas à une simple commémoration. Elle s'inscrit dans une démarche durable visant à mieux comprendre les réalités vécues par ces enfants et à renforcer les actions pour faire de Madagascar un pays porteur d'espoir pour tous.