À la Bibliothèque nationale, une exposition met en lumière l'histoire de la presse, de la littérature et de la langue malgaches à travers un regard éducatif et patrimonial.
La langue malgache retrouve toute sa noblesse à travers l'exposition intitulée « Ny lalan-davitry ny Teny sy ny literatiora ary ny gazety Malagasy », officiellement inaugurée hier à la Bibliothèque nationale. Organisée par Harilala Ranjatohery, écrivain et académicien, cette manifestation culturelle met en avant l'importance de la langue malgache dans la littérature, la presse et la transmission du savoir. Parrainée par le ministère de la Communication et de la Culture, elle bénéficie également du soutien du directeur général de la Bibliothèque nationale, Noël Liva Ravoloharison. L'exposition restera ouverte au public pendant un mois.
Dès l'ouverture, l'exposition a rappelé combien la langue malgache constitue un pilier essentiel de l'identité nationale. À travers des archives, des journaux anciens et des recherches documentaires, le public découvre l'évolution de la littérature et de la presse malgaches depuis plusieurs générations. Parmi les pièces majeures figure « Teny soa », considéré comme le premier journal malgache publié, véritable témoin de l'histoire de la presse nationale.
Écriture fidèle
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Pour Harilala Ranjatohery, cette initiative vise avant tout à transmettre cet héritage aux jeunes générations. « Cette exposition a surtout été pensée pour les étudiants, car elle retrace l'histoire de la littérature et de la presse malgaches», a-t-il expliqué. Installée dans le hall de la Bibliothèque nationale, l'exposition permet ainsi à un large public scolaire d'y accéder facilement et de découvrir l'importance culturelle de la langue malgache.
L'événement met également en avant la place fondamentale du journalisme en langue malgache dans la société. Les recherches présentées montrent que les journaux rédigés en malgache continuent d'attirer de nombreux lecteurs. Pour Ranjatohery, « la langue malgache conserve toute sa valeur dans le domaine de la presse et doit être utilisée correctement ». Il a aussi insisté sur l'importance d'une écriture fidèle aux règles linguistiques en malgache, rappelant que les journaux deviennent souvent une référence pour les lecteurs dans leur manière d'écrire et de s'exprimer.
Fort de ses 35 années d'expérience dans la presse, Harilala Ranjatohery a également évoqué les réalités du métier de journaliste. « La langue malgache est un outil puissant qui doit servir à renforcer et à développer la nation », a-t-il affirmé. Selon lui, la place accordée à une langue reflète aussi la force d'un pays. « C'est une richesse immense qu'il ne faut jamais minimiser », a-t-il ajouté avec conviction.
Au-delà de la littérature et de la presse, l'exposition valorise aussi le patrimoine culturel malgache à travers le fanorona. Présenté comme un jeu traditionnel né en Imerina avant de s'étendre dans d'autres régions, il est décrit comme un véritable outil éducatif transmettant des valeurs de réflexion, de stratégie et de savoir-vivre. Les exemples liés au fanorona illustrent notamment l'importance de la sagesse et du sens de l'équilibre dans la vie en société.