Dakar abrite du 29 au 30 avril un atelier régional de planification stratégique, suivi de l'Assemblée générale de la Plateforme des Femmes du Sahel (PFS), dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, climatiques et socio-économiques majeurs. Cette rencontre cruciale réunit des actrices engagées venues de plusieurs pays sahéliens, déterminées à renforcer leur coordination et leur impact sur le terrain.
Dans son intervention marquante, Ngaralbalye Mayala Monique, présidente de la section tchadienne de la Plateforme et représentante de la coordonnatrice régionale, a dressé un tableau lucide de la situation au Sahel. Elle a rappelé que la région traverse « un moment charnière », soulignant notamment la fragilité persistante de la paix, illustrée par les récents événements au Mali. Face à ces crises multidimensionnelles, elle a insisté sur le rôle central des femmes, à la fois premières victimes et piliers de résilience au sein des communautés.
« La femme sahélienne reste ce pilier invisible qui maintient la structure de nos sociétés », a-t-elle affirmé, appelant à transformer cette force en levier stratégique. Pour elle, la Plateforme doit s'affirmer comme un véritable moteur d'actions concrètes en faveur d'une paix durable, au-delà de son rôle d'espace de réflexion.
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L'atelier vise précisément à définir des priorités claires pour les années à venir. Il s'agit de passer d'une logique d'aspirations à celle de feuilles de route opérationnelles, en phase avec les réalités locales. L'Assemblée générale, quant à elle, constitue un moment clé de redevabilité et de consolidation de la gouvernance interne, afin de renforcer la crédibilité et l'efficacité de la PFS.
Dans cette dynamique, Mahamadi Togola, coordonnateur de WANEP Mali, a salué la capacité d'anticipation de la Plateforme face aux mutations régionales. Il a mis en avant l'importance du renforcement institutionnel et du plaidoyer stratégique pour permettre à l'organisation d'influencer davantage les politiques publiques et de mieux protéger les populations civiles.
De son côté, la représentante d'ONU Femmes a appelé à une véritable refondation des organisations féminines du Sahel. Elle a insisté sur la nécessité de professionnaliser les structures, d'améliorer leur gestion et d'adopter des approches innovantes pour maximiser leur impact. Soulignant les limites actuelles en termes de ressources, elle a toutefois reconnu l'engagement exceptionnel des femmes sahéliennes et leur potentiel transformateur.
Au cœur des échanges figurent des questions essentielles : comment rendre effective la résolution 1325 dans les zones rurales ? Comment renforcer l'autonomisation économique des femmes ? Et comment accroître leur influence dans les processus décisionnels ?