La population sénégalaise poursuit sa progression. Selon les dernières projections de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), issues du Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH-5) en 2023, le pays compte 19 075 959 habitants en 2025.
Une hausse notable qui s'inscrit dans une dynamique de croissance démographique soutenue, estimée à environ 2,5 % sur un an.
Mais derrière cette évolution globale, les données révèlent surtout une structuration du territoire marquée par de fortes disparités géographiques et une urbanisation accélérée.
Une population concentrée autour de quelques pôles majeurs
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La région de Dakar confirme son statut de centre névralgique du pays.
Avec plus de 4,1 millions d'habitants, elle concentre à elle seule près de 22 % de la population nationale. Une domination qui illustre le phénomène persistant de macrocéphalie urbaine, où la capitale polarise l'essentiel des activités économiques et des flux migratoires internes.
Dans son sillage, Thiès et Diourbel s'imposent comme des zones de forte densité démographique. En y ajoutant Kaolack, ces quatre régions regroupent à elles seules plus de la moitié des habitants du pays.
Cette concentration traduit une attractivité économique et sociale accrue, mais accentue également les pressions sur les infrastructures et les services de base.
Quant aux régions comme Saint-Louis, Louga ou Tambacounda, elles affichent un poids démographique intermédiaire.
Des régions en marge de la dynamique
À l'inverse, plusieurs territoires restent faiblement peuplés. Kédougou apparaît comme la région la moins densément habitée, avec 1,36% de la population, suivie notamment par Sédhiou, Ziguinchor, Matam et Kaffrine.
Ces zones, souvent éloignées des grands axes économiques, continuent de faire face à des défis structurels en matière d'attractivité et d'accès aux services.
Des écarts qui traduisent une fracture territoriale persistante entre l'ouest urbanisé et les régions périphériques, posant avec acuité la question de l'aménagement équilibré du territoire.
Une population jeune et légèrement masculine
Sur le plan démographique, la structure par sexe reste globalement équilibrée, avec une légère majorité masculine. Le pays compte environ 9,67 millions d'hommes contre 9,4 millions de femmes, soit un ratio d'environ 103 hommes pour 100 femmes.
Autre caractéristique marquante, la jeunesse de la population. En effet, l'âge moyen est estimé à 24 ans, tandis que les tranches d'âge les plus représentées concernent les tout-petits (entre 0 et 1 an), illustrant une natalité encore élevée.
Par ailleurs, plus de la moitié des Sénégalais (55,1 %) vivent désormais en milieu urbain, confirmant une tendance à l'urbanisation rapide.
Un enjeu stratégique pour les politiques publiques
Ces données dessinent les contours d'un Sénégal en pleine mutation démographique, confronté à un double défi : accompagner une croissance rapide tout en corrigeant les déséquilibres territoriaux.
L'extension des villes, la pression sur les infrastructures, l'accès aux services sociaux de base ou encore la valorisation des régions moins peuplées s'imposent comme des priorités.
À moyen terme, la capacité des politiques publiques à anticiper et encadrer ces dynamiques sera déterminante pour assurer un développement plus équilibré et inclusif.