Cameroun: Jour d'après Biya, seuls les profiteurs pleureront

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Six catégories de Camerounais regretteraient Paul Biya après son départ. C'est la thèse de Jean-Bruno Tagne, qui dresse une liste de « profiteurs du régime ». Une prédiction qui divise l'opinion.

Une déclaration qui fracture l'opinion camerounaise

Le 30 avril 2026, Jean-Bruno Tagne, observateur politique et journaliste camerounais, publie une analyse sur les réseaux sociaux. Il affirme que le jour d'après Biya ne fera pleurer que des catégories spécifiques. L'auteur cite les détourneurs de fonds publics, les trafiquants d'influence et les fonctionnaires corrompus. Il ajoute les adeptes du tribalisme, les imposteurs et les maîtres chanteurs politiques. Pour Tagne, aucun citoyen honnête ne regrettera le président actuel. Cette prise de position intervient alors que Paul Biya, 93 ans, est au pouvoir depuis 1982.

Pourquoi ces catégories craignent la transition

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La crainte des profiteurs du régime repose sur un mécanisme simple. L'impunité érigée en règle sous Biya a permis des détournements massifs. La corruption s'est institutionalisée dans l'administration, la police et la magistrature. Selon Tagne, ces acteurs savent qu'un changement de pouvoir signifierait la fin des privilèges indus. La peur d'une justice indépendante ou de restitutions forcées motive leur attachement au statu quo. Les racines du phénomène remontent à la décentralisation du contrôle financier au profit d'un réseau loyaliste.

Comment fonctionne la prédation sous l'ère Biya

Le système se définit comme une économie de la rente capturée par une élite politico-administrative. Les détourneurs de fonds publics opèrent via des marchés publics surfacturés et des comptes offshore. Les trafiquants d'influence utilisent le « tu sais qui je suis ? » pour bloquer toute poursuite. La police et la gendarmerie prélèvent des taxes illégales aux citoyens. Les magistrats corrompus vendent des décisions de justice. Tagne décrit un cercle vertueux de l'impunité pour les soutiens, et vicieux pour les opposants. Le départ de Biya briserait cet équilibre, exposant des décennies de prédation.

Qui, parmi les six catégories, osera ouvertement pleurer le départ de Paul Biya ? La réponse révélera si la peur des poursuites ou la loyauté idéologique domine dans l'appareil d'État.

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