Luanda — La République d'Angola suivit une voie différente de celle de la plupart des pays africains, en réduisant progressivement sa dépendance à l'égard de l'Aide publique au développement (APD) et en renforçant le financement national, a déclaré la ministre angolaise de la Santé, Sílvia Lutucuta, ce mardi à Nairobi (Kenya).
Selon la ministre, il est urgent de transformer le modèle de financement de la santé en Afrique, en privilégiant des solutions durables et en réduisant la dépendance à l'aide extérieure.
La ministre s'exprimait lors de la deuxième journée de la réunion régionale du Sommet mondial de la santé 2026, au sein d'une table ronde de haut niveau consacrée au thème « Transformer le financement de la santé en Afrique : de la volatilité de l'aide à l'investissement durable ».
Cette réunion a rassemblé des décideurs internationaux, dont le directeur régional de l'Organisation mondiale de la Santé pour l'Afrique, Mohamed Yakub Janabi, ainsi que des représentants d'institutions financières internationales, qui ont analysé les défis qui continuent de caractériser les systèmes de santé sur le continent.
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Dans son discours, la responsable angolaise a déclaré que l'Angola structurait son système de santé en s'appuyant sur ses ressources nationales, ce qui lui permettait de préserver sa souveraineté dans la définition des priorités et de limiter sa vulnérabilité aux fluctuations externes.
Elle a souligné que la réduction d'environ 70 % de l'aide extérieure entre 2021 et 2025 devrait servir d'avertissement aux pays africains : le renforcement du financement national n'est plus une option stratégique, mais une nécessité structurelle.
Parmi les principales mesures adoptées par l'Angola, la ministre a mis en avant des réformes fiscales progressives, l'introduction de taxes sur les produits nocifs pour la santé, le développement d'une assurance maladie nationale et le renforcement des partenariats public-privé, notamment dans la production locale de médicaments et de vaccins.
Sílvia Lutucuta a également souligné le recours à des mécanismes innovants, tels que la conversion de la dette en investissements dans le secteur de la santé, comme un moyen efficace d'alléger la pression fiscale et de réorienter les ressources vers les domaines prioritaires.
Dans le domaine des ressources humaines, la dirigeante angolaise a souligné une croissance de 46 % des effectifs de santé depuis 2017, ainsi que la mise en oeuvre d'un plan d'urgence prévoyant la spécialisation de 38 000 professionnels d'ici 2028.
Malgré ces progrès, elle a reconnu la persistance de défis, notamment en matière de diversification des sources de financement et de nécessité d'une meilleure prévisibilité des ressources.
À l'échelle continentale, l'Angola plaide pour une coordination plus efficace entre les partenaires internationaux, une meilleure intégration des initiatives mondiales et la création d'instruments financiers innovants qui n'aggravent pas l'endettement des pays africains.
La ministre a réaffirmé l'engagement de l'Angola à bâtir un système de santé résilient, durable et équitable, conforme aux programmes de développement internationaux.