Afrique: Drogues synthétiques au collège - Trois axes de protection

Quatre-vingts. C'est le nombre de cas suspects de prise de drogues synthétiques recensés dans les écoles secondaires publiques et privées de Maurice entre 2016 et mars 2026. Chaque cas a été transmis à la police, conformément au protocole établi. Mais un seul aurait dû sonner l'alarme, a répondu le ministre de l'Éducation, Mahend Gungapersad, au député Ramkalawon, en élaborant sur une stratégie articulée autour de trois axes : prévention, dissuasion et soutien psychosocial, qu'il a lui-même baptisé de Three-Pronged Shield.

Côté prévention, deux programmes ciblent les élèves selon leur niveau. Le Get Connected, qui s'adresse aux élèves des Grades 7 et 8, vise à renforcer leur régulation émotionnelle et leur capacité à prendre des décisions responsables, avant même qu'un dealer ne les approche. Le Rebound est déployé en Grade 10 : un curriculum interactif, appuyé sur les médias, conçu pour démystifier la culture de la drogue et transformer la pression des pairs en leadership entre pairs.

Sur le terrain, la dissuasion passe par une collaboration avec l'unité antidrogue (ADSU) et l'unité de prévention du crime, à travers des patrouilles et opérations coup-de-poing intensifiées autour des établissements scolaires. Pour les élèves déjà en difficulté, le National Educational Counseling Service a opéré un glissement de posture, du réactif au proactif, en identifiant les jeunes à risque via des marqueurs comportementaux précoces.

Par ailleurs, un projet conjoint de la National Agency for Drug Control et du ministère de l'Éducation intitulé School Training - Capacity Building of MOEH Resource Persons est en cours du 13 mars jusqu'à septembre 2026. Il cible recteurs, directeurs-adjoints, enseignants, psychologues scolaires, travailleurs sociaux, directeurs d'école primaire et membres d'associations de parents. L'objectif : renforcer les compétences de leadership au sein du système scolaire et ancrer des stratégies de prévention fondées sur des données probantes.

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Deux questions supplémentaires ont mis le ministre face à des angles intéressants : à la première sur la réactivation de la Brigade des mineurs, autrefois élément clé de la lutte antidrogue en milieu scolaire, le ministre a répondu qu'un comité travaillant sur les «enfants en conflit avec la loi», sous la présidence de l'Attorney General, examinera la suggestion. La deuxième portait sur un possible lien entre consommation de drogues synthétiques et possession d'armes offensives dans les écoles, une réalité récemment mise en lumière. Le ministre a reconnu l'absence de données probantes, tout en promettant d'en faire un chantier d'investigation prioritaire.

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