Ile Maurice: Vers de nouvelles normes plus strictes pour un environnement plus sain

«Our Power, Our Planet», tel était le thème de la Journée mondiale de la Terre, célébrée le 22 avril. Cette journée met en lumière le rôle que chacun peut jouer dans la protection de l'environnement, en appelant à des actions concrètes en faveur d'un air pur, d'une eau saine et d'une énergie propre.

Plus qu'un simple rappel, cette journée vise à sensibiliser aux enjeux environnementaux, tout en soulignant l'urgence d'adopter des pratiques durables. Elle insiste également sur la nécessité de préserver les ressources naturelles, de maintenir un climat stable et de protéger la biodiversité, des éléments essentiels pour la santé humaine et le développement économique.

Dans cette optique, le ministère de l'Environnement, de la gestion des déchets solides et du changement climatique a organisé un atelier d'une demi-journée à l'université des Mascareignes, sur le campus de Rose-Hill, axé sur la qualité de l'air. Cette initiative s'est accompagnée d'une exposition proposant des démonstrations pratiques, notamment des équipements de surveillance de la qualité de l'air, des tests d'émissions de fumée des véhicules, des dispositifs de contrôle des rejets industriels, ainsi que des technologies de production plus propres.

Encadrer la qualité de l'air

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Cette démarche fait suite à l'annonce du Conseil des ministres du vendredi 17 avril de promulguer les Environment (Standards for Ambient Air Quality and Stack Emission) Regulations 2026. Ces nouvelles réglementations introduisent des normes précises pour mieux encadrer la qualité de l'air et les émissions polluantes.

D'une part, les normes relatives à la qualité de l'air ambiant serviront de référence pour fixer les seuils maximums de polluants autorisés dans l'atmosphère afin de protéger la santé publique et l'environnement. D'autre part, les normes encadrant les émissions industrielles sont renforcées avec la prise en compte d'autres polluants tels que les dioxines et furannes, les métaux lourds, les composés organiques volatils ainsi que le mercure.

Le ministère de l'Environnement sera habilité à exiger des entreprises qu'elles prennent les mesures nécessaires pour réduire la pollution dès que les seuils autorisés sont dépassés. Un encadrement spécifique est désormais également prévu pour les incinérateurs, qu'il s'agisse de déchets solides, médicaux ou encore des crématoriums.

Ces installations devront fonctionner à une température optimale afin de limiter l'émission de substances hautement toxiques comme les dioxines et furannes, reconnues pour leurs effets graves sur la santé, pouvant entraîner des troubles de la reproduction et du développement, endommager le système immunitaire, perturber le système hormonal et même provoquer des cancers. Les règlements prévoient une certaine flexibilité : un moratoire pourra être accordé à des organismes publics si l'intérêt national le justifie tandis que les industries disposeront d'un délai de six mois pour se conformer aux nouvelles normes.

«Après 28 ans, au bout de nombreuses consultations, nous introduisons enfin de nouvelles normes, plus strictes et conformes aux standards de l'Organisation mondiale de la santé, pour une meilleure santé de la population», a déclaré le ministre de l'Environnement, Rajesh Bhagwan. «Nous ne subissons pas de pollution transfrontalière. Ce qui explique aussi pourquoi Maurice figure encore parmi les sept pays au monde ayant de meilleures qualités de l'air.Mais pour combien de temps ?» Alors que «les menaces existent bel et bien :les véhicules qui crachent leur épaisse fumée noire, les émissions industrielles, les brûlages à ciel ouvert d'ordures ou de canne.Tout cela dégrade la qualité de l'air.»

Le ministre Bhagwan souligne néanmoins que ces émissions sont aussi liées aux besoins du quotidien. «Pour produire nos denrées alimentaires, nos logements, nos vêtements, il nous faut des champs et des usines, des moyens de transport, de l'énergie. Ce qui signifie que nous sommes condamnés à subir des émissions de fumée et de gaz, qui affectent la qualité de l'air que nous respirons. Mais cela ne veut pas dire mettre en péril les conditions essentielles pour une bonne qualité de vie sur la planète», a-t-il affirmé.

Rajesh Bhagwan a insisté sur la nécessité de trouver un équilibre, un juste milieu. «Soyons réalistes. Nous devons trouver un équilibre entre pourvoir aux besoins humains et respecter les droits de la nature. C'est cela le développement durable.Assurer le développement économique, garantir la justice sociale.,tout en préservant notre environnement. Oui, je le reconnais. C'est un équilibre difficile à atteindre.» Le ministre de l'Environnement a appelé à une prise de responsabilité collective.

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