Sénégal: Alpha Abdallah Sall - Le syndicalisme au service de la presse et des journalistes

Dakar — Le parcours d'Alpha Abdallah Sall, ancien secrétaire général du Syndicat des professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (SYNPICS), décédé en 2009, demeure étroitement lié aux luttes pour l'amélioration des conditions de vie et de travail des journalistes sénégalais, dans un contexte de profondes mutations politiques et sociales.

Figure respectée du monde des médias, Alpha Abdallah Sall a dirigé le SYNPICS de 1997 à 2006, après avoir succédé à Mame Less Camara, lui aussi arraché à l'affection de ses confrères, étudiants et famille le 22 avril 2023.

L'accession d'Alpha Abdallah Sall à la tête du SYNPICS intervient dans une période marquée par des tensions sociales, mais aussi par des recompositions politiques majeures ayant conduit à l'alternance politique de 2000.

Réélu lors du congrès tenu après ce tournant historique, il a poursuivi son mandat jusqu'en 2006, s'attachant à consolider les acquis du syndicat et à adapter son action aux nouveaux enjeux du secteur des médias.

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Sous sa direction, le SYNPICS s'est affirmé comme un cadre de défense des intérêts matériels et moraux des professionnels de l'information, tout en privilégiant une approche fondée sur le dialogue social et la concertation.

Diplômé d'une école de journalisme au Maroc, Alpha Abdallah Sall intègre l'Agence de presse sénégalaise (APS) au début des années 1980.

Reporter reconnu pour sa rigueur et son intégrité, il s'impose progressivement comme une référence au sein de la rédaction. Sa maîtrise du français et de l'arabe lui confère une ouverture professionnelle appréciée dans le traitement de l'information.

Ses collègues et contemporains gardent de lui le souvenir d'un homme de consensus. L'ancien directeur général de l'APS, Mamadou Koumé, souligne qu'il était "très conciliant", capable de rapprocher des positions parfois opposées au sein de l'entreprise, estimant que ces qualités expliquent, en grande partie, son parcours syndical.

"Homme de bien"

Au-delà de ses compétences professionnelles, plusieurs témoignages insistent sur ses qualités humaines. Il est décrit comme un homme discret, généreux et profondément attaché aux valeurs de solidarité. Pour nombre de ses confrères, il incarnait une certaine idée du journalisme, faite de rigueur, d'éthique et de responsabilité.

Le journaliste Mamadou Kassé, rendant hommage à Alpha Abdallah Sall, dont la grande salle de rédaction de l'APS porte le nom, évoque "'un homme de bien", animé d'une disponibilité constante doublée d'un sens aigu du service aux autres.

Il souligne également son rôle de "confident" et de "repère" pour de nombreux collègues, grâce à "une sagesse et une retenue rarement prises à défaut".

À la tête du SYNPICS, Alpha Abdallah Sall a exercé ses responsabilités dans un environnement parfois marqué par des "convulsions politiques et syndicales", selon ses pairs.

Malgré ce contexte, il a su maintenir le cap, en privilégiant le compromis, le dialogue et la recherche de solutions équilibrées, contribuant ainsi à préserver la cohésion du syndicat.

Après son départ du SYNPICS en 2006, il est remplacé par Diatou Cissé. Alpha Abdallah Sall s'engage alors au niveau sous-régional en rejoignant l'Union des journalistes de l'Afrique de l'Ouest (UJAO), où il occupe les fonctions de coordonnateur du Projet de renforcement des capacités (PRC), basé à Bamako. Une nomination en guise de reconnaissance de son engagement et de son expertise dans le domaine du journalisme et du syndicalisme.

Jusqu'à son décès, le 22 novembre 2009, à Dakar, à l'âge de 57 ans, il était en position de disponibilité de l'APS, tout en poursuivant ses activités au sein de l'UJAO.

Plus de quinze ans après sa disparition, Alpha Abdallah Sall est associé à une génération de syndicalistes qui ont structuré et crédibilisé la défense des droits des journalistes au Sénégal.

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