Ile Maurice: Yannick Labonne - Entre ciel et terre

Pour le moins qu'on puisse dire, Yannick Labonne ne garde jamais les deux pieds sur terre longtemps. N'empêche qu'il garde la tête sur les épaules et l'esprit vif. Il est cordiste, un métier qui défie les lois de la gravité.

Il est dans le secteur depuis 14 ans, après un virage à 180 degrés. C'est dans les cuisines qu'il a fait ses premières armes, avant de s'investir dans la plantation hydroponique. La transition vers le métier de cordiste, elle s'est faite progressivement, motivée par un ami, Jonathan Martine, lui-même cordiste à l'étranger.

Yannick se prend de passion pour ce métier qui sort résolument des sentiers battus. «J'y suis arrivé naturellement, avec une attirance pour le travail en extérieur, les activités physiques et les environnements un peu extrêmes,» raconte-t-il. Pour apprendre les rudiments du métier, se perfectionner, obtenir les certifications nécessaires pour monter son entreprise, Yannick enchaîne les formations spécialisées, en France, en Angleterre, en Suisse... celles-ci n'étant pas disponibles à Maurice. Il apprend ainsi à faire la maintenance des éoliennes, à effectuer les travaux géotechniques et industriels... toutes ces opérations qui ne peuvent pas être réalisées avec des moyens classiques comme des échafaudages ou des nacelles. En effet, le cordiste intervient en hauteur ou dans des zones difficiles d'accès à l'aide de techniques sur corde.

Technicité et engagement physique

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La particularité du métier de Yannick : la capacité à accéder à des zones que personne d'autre ne peut atteindre facilement. «On évolue dans le vide, sur des falaises, des structures ou des endroits très techniques», précise-t-il. Et puis, être cordiste ne veut pas simplement dire «être suspendu à une corde». Il faut être capable de travailler efficacement dans cette position, avec un haut niveau de sécurité et de précision. «On travaille dans des endroits incroyables souvent inaccessibles au grand public. Il y a aussi le côté défi : chaque intervention demande de l'adaptation, de la réflexion et une vraie maîtrise technique.»

À ce jour, Yannick est le directeur d'Acrocha, où il gère les équipes, les projets et le développement de l'entreprise. Toujours aussi mordu de hauteur, il parle de son métier avec verve et ne se lasse pas des interventions incroyables qu'il effectue avec son équipe. Ils interviennent beaucoup sur la sécurisation des falaises (purge des blocs instables, forage, installation de filets de protection contre les chutes de pierres), font la maintenance, l'inspection, les travaux techniques. Des éoliennes aux falaises, en passant par les ponts, les silos, les énormes cuves ou les vitres des grands bâtiments, ou encore les interventions pendant les spectacles ou les tournages de films (avec les scènes de cascades)... le champ d'action des cordistes est incroyablement large, passionnant.

Mais n'est pas cordiste qui veut. Il s'agit de suivre une formation spécialisée rigoureuse, d'avoir une compétence métier en plus en bâtiment, travaux publics, mécanique... Il faut aussi être rigoureux, calme, concentré et en bonne condition physique. Par ailleurs, avoir un bon mental est crucial, car les conditions sont souvent exigeantes. Et puis, il faut aimer le travail en équipe, car la sécurité repose beaucoup sur la confiance entre collègues.

De son métier, Yannick a plein de souvenirs marquants, notamment sur ces falaises aux paysages incroyables. «C'est un privilège de pouvoir accéder à ce genre d'endroits,» nous dit-il. Mais il se souvient aussi des moments plus intenses, sur des zones instables, avec des risques de chutes de pierres. «Ce mélange entre beauté des lieux et exigence du terrain, entre adrénaline et maîtrise, c'est ce qui rend le métier de cordiste aussi passionnant,» conclut Yannick.

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