Ile Maurice: La NADC lance un vaste chantier de consultations nationales

La réforme de la politique du cannabis à Maurice franchit une nouvelle étape. Lors d'une conférence de presse tenue hier, la National Agency for Drug Control (NADC), dirigée par son Chief Executive Officer (CEO), Kunal Naik, a lancé les travaux d'un comité technique chargé d'examiner en profondeur les différentes options liées au cannabis, allant de la dépénalisation à une éventuelle légalisation encadrée.

Autour de la table, un groupe multidisciplinaire composé d'experts issus de divers horizons : santé publique, justice, recherche scientifique, finances et société civile. Parmi eux, des représentants du ministère de la Santé, des chercheurs, ainsi que des membres d'organisations engagées dans les politiques de drogues.

Cette diversité, selon la NADC, est essentielle pour garantir une approche équilibrée et fondée sur des données probantes. Ce comité technique s'inscrit dans la continuité d'un débat national relancé en décembre dernier au Parlement, portant sur la nécessité de revoir les lois entourant le cannabis. «Notre rôle est d'analyser, de proposer et de conseiller. La décision finale reviendra au gouvernement et au Parlement», a précisé Kunal Naik.

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Les travaux du groupe couvrent plusieurs dimensions : usage récréatif, cannabis médical, potentiel industriel, mais aussi impacts culturels et sociaux. Une attention particulière est accordée aux conséquences de la criminalisation, notamment sur certaines communautés comme les rastafariens, souvent affectées de manière disproportionnée.

Pour alimenter cette réflexion, la NADC mise sur un processus inclusif et transparent. Une vaste consultation nationale a été annoncée, avec des forums prévus du 27 avril au 8 mai, suivis de consultations régionales et de groupes de discussion ciblés. Ces derniers incluront notamment des consommateurs actuels ou anciens, des patients utilisant le cannabis à des fins médicales, ainsi que des familles touchées par la criminalisation.

Un portail en ligne sera également mis à disposition afin de recueillir les contributions du public. La NADC insiste toutefois sur la nécessité de soumettre des informations vérifiables et fondées sur des preuves scientifiques : «Toutes nos recommandations seront basées sur des données solides, qu'elles soient locales ou internationales.» Parmi les sujets sensibles abordés figure l'accessibilité du cannabis médical. Certains intervenants ont pointé du doigt les limites du cadre actuel, notamment en ce qui concerne le cannabidiol, pourtant non psychoactif mais toujours strictement contrôlé.

Au-delà de la santé publique, les enjeux économiques sont également au coeur des discussions. Le comité étudiera les impacts fiscaux potentiels d'une réforme, tout en évaluant les risques liés à la sécurité, notamment pour les jeunes et face au trafic de drogues synthétiques. Le rapport final du comité est attendu pour fin juin 2026. Il sera soumis à la National Drug Control Commission, présidée par le Premier ministre, avant d'éventuelles décisions politiques.

En attendant, la NADC appelle à une participation active de la population. Kunal Naik a conclu : «C'est une opportunité pour construire une politique plus juste, plus efficace et mieux adaptée aux réalités mauriciennes.»

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