À l'occasion de la célébration du 1er mai 2026, marquant la Fête internationale du Travail, l'ONG Action Humaine pour le Développement Intégré au Sénégal (AHDIS) a publié une déclaration engagée par la voix de son président, Amacodou Diouf. Dans un contexte mondial jugé particulièrement instable, l'organisation appelle à la solidarité internationale, à la réforme du dialogue politique au Sénégal et à une mobilisation accrue des travailleurs.
Une célébration sous tension mondiale
« Aux travailleurs du monde entier, Vive le 1er Mai ! » C'est par ce mot d'ordre que l'ONG AHDIS s'associe à la communauté internationale pour saluer « la force, la dignité et la résilience » des travailleurs. Mais derrière cet hommage, l'organisation souligne un climat de « turbulences mondiales sans précédent » qui fragilise les bases du développement humain.
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AHDIS exprime notamment sa vive inquiétude face aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Elle dénonce une « guerre absurde » impliquant l'Iran, Israël et les États-Unis, qu'elle attribue à des logiques de domination et à un capitalisme monopoliste. L'organisation critique l'escalade militaire et estime que les ressources engagées dans ces conflits devraient être redirigées vers l'aide publique au développement.
Le Mali, une priorité sécuritaire régionale
Sur le plan régional, AHDIS tire la sonnette d'alarme concernant la situation au Mali. Selon l'ONG, l'instabilité dans ce pays constitue une menace directe pour le Sénégal et l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest. Elle appelle à une « union sacrée » contre les groupes armés, notamment le JNIM et le MNLA.
L'organisation prévient qu'une dégradation de la situation à Bamako pourrait favoriser l'émergence d'un corridor djihadiste vers les pays côtiers, avec des conséquences économiques et sécuritaires majeures. « Défendre le Mali, c'est protéger notre littoral », insiste la déclaration.
Dialogue politique au Sénégal : des critiques sévères
Sur le plan national, AHDIS se montre critique envers les processus de dialogue politique et social en cours au Sénégal. Elle dénonce un manque de préparation, une improvisation autour du code électoral et des formats de discussion jugés superficiels.
Pour l'ONG, les rencontres actuelles ne permettent pas une représentation réelle des acteurs et manquent de profondeur. Elle plaide pour un dialogue structuré, construit « à la base » et validé à l'échelle nationale, loin des « messes médiatiques » et des interventions limitées à quelques minutes.
Un appel à refonder le pacte social
Enfin, la déclaration revient sur les conditions de célébration de la Fête du Travail dans un contexte de crise sociale persistante. AHDIS évoque un secteur privé national « en panne » et un pacte social qualifié de « virtuel », pointant notamment des atteintes aux droits des travailleurs, en particulier sur certains chantiers.
Face à ce constat, l'organisation appelle à un « sursaut syndical immédiat ». Elle prône une syndicalisation massive, une meilleure coordination entre les organisations de travailleurs et une alliance renforcée avec la société civile pour impulser des transformations durables.
Un engagement réaffirmé
En conclusion, AHDIS réaffirme son soutien aux mouvements de travailleurs engagés contre la guerre et les formes d'oppression, au Sénégal comme à l'international. Dans un monde en mutation, l'ONG appelle à replacer l'humain, la justice sociale et la paix au coeur des priorités.