Le paiement de l'allocation de mauvais temps aux pêcheurs enregistrés franchit une nouvelle étape. Jusqu'ici traité manuellement à partir des données recueillies auprès de 14 postes de pêche, le dispositif est désormais informatisé, selon un communiqué du ministère de l'Agro-industrie, de la sécurité alimentaire, de l'économie bleue et de la pêche daté du 27 avril. L'objectif affiché : réduire les délais de traitement, faciliter la vérification des dossiers et permettre un versement avant la fin de chaque mois.
Cette allocation, connue comme la Bad Weather Allowance, est versée aux pêcheurs artisanaux enregistrés lorsque les conditions météorologiques, notamment une mer houleuse ou un cyclone, les empêchent de sortir en mer pour des raisons de sécurité. Le calcul repose sur une formule simple : le nombre de jours de mauvais temps déclarés par la station météorologique a multiplié par l'allocation quotidienne de Rs 800.
Selon Veshaal Dabycharun, Deputy Controller au Fisheries Protection Service, quelque 2 506 pêcheurs actifs sont concernés. Pour bénéficier de l'allocation, le pêcheur doit être enregistré, exercer activement la pêche artisanale et ne pas pratiquer un autre emploi rémunéré. Il doit aussi se présenter chaque mois, entre le 9 et le 15, au poste de pêche où il est enregistré, afin que sa présence et son statut soient vérifiés.
Pour Fabrice David, junior minister de l'Agro-industrie, de la sécurité alimentaire, de l'économie bleue et de la pêche, cette informatisation s'inscrit dans une volonté de mieux accompagner les pêcheurs. Il rappelle que ces derniers sont des «acteurs fondamentaux» de l'économie bleue et que l'allocation vise à compenser l'absence d'activité lors des jours où la mer est jugée dangereuse.
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Sur le terrain, la mesure est accueillie comme une facilité. À Baie-du-Tombeau, Jovanni Etty estime que cette aide représente un soutien concret lorsque le mauvais temps empêche les sorties en mer. À Pointe-auxSables, Alain Lindsay Moolee souligne que plusieurs membres de sa famille vivent de la pêche et que les Rs 800 par jour permettent de «respirer», en particulier durant l'hiver. Le ministre Arvin Boolell présente, lui, cette réforme comme «une très bonne nouvelle» pour la communauté des pêcheurs. Il insiste sur la transparence du système, désormais appuyé par un serveur et des stations réparties dans plusieurs régions, afin de centraliser les informations relatives à l'allocation.
Mais des interrogations demeurent. Judex Rampaul, du Fishermen's Syndicate, rappelle que les autorités avaient déjà transmis des documents à la Mauritius Revenue Authority pour vérifier l'éligibilité de certains pêcheurs, notamment ceux disposant d'un Business Registration Number, d'une licence commerciale ou d'un autre emploi. Selon lui, ces contrôles restent essentiels pour s'assurer que l'aide bénéficie uniquement aux pêcheurs réellement éligibles.