À Bouna, capitale de la région du Bounkani, la 7e édition du Djokhabinan ne se limite pas aux réjouissances culturelles. Elle s'impose également comme un cadre de réflexion stratégique sur l'avenir du peuple lobi.
En marge des festivités, sous le thème « Ado Fere Hinan Fuori », un panel scientifique de haut niveau a été officiellement lancé par le directeur scientifique, le professeur Sib Sié Justin, devant un parterre d'autorités traditionnelles, d'experts et de participants.
Dans une allocution empreinte de gravité et d'engagement, le professeur a situé les enjeux de cette rencontre intellectuelle, qu'il a qualifiée de moment décisif pour la communauté lobi. « Ce panel n'est pas un événement ordinaire », a-t-il insisté, soulignant qu'il traduit une prise de conscience collective : celle selon laquelle la paix, la sécurité et le développement ne peuvent être décrétés, mais doivent être construits patiemment sur des bases solides.
L'unité culturelle, une richesse stratégique
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Au coeur des échanges, un thème fédérateur : « L'unité du rameau lobi, levier pour la sécurité et le développement socio-économique de la région du Bounkani ». Pour le directeur scientifique, cette thématique va bien au-delà d'un simple slogan. Elle constitue à la fois un diagnostic lucide et un appel à l'action.
Un diagnostic, d'abord, parce qu'il met en lumière une réalité souvent négligée : l'unité culturelle du peuple lobi représente une ressource stratégique majeure. Un appel, ensuite, car il invite les communautés à mobiliser cette richesse pour renforcer le vivre-ensemble, dépasser les divergences et bâtir un avenir commun.
Face aux défis contemporains, notamment sécuritaires, cette unité apparaît comme un socle essentiel. « Le peuple lobi porte en lui les ressources nécessaires pour bâtir une région apaisée et prospère », a affirmé le professeur, appelant à une prise de responsabilité collective.
Croiser savoirs traditionnels et analyses scientifiques
L'originalité de ce panel réside dans sa volonté de rapprocher deux univers souvent perçus comme distincts : les savoirs traditionnels et la science moderne. Pour le professeur Sib Sié Justin, la science ne doit pas s'éloigner des réalités locales, mais au contraire les éclairer.
Les travaux visent ainsi à produire des réflexions ancrées dans le vécu des populations, tout en s'appuyant sur des approches rigoureuses. Cette démarche hybride ambitionne de proposer des solutions concrètes, adaptées aux réalités du Bounkani.
Trois axes majeurs structurent les discussions : l'unité culturelle comme fondement de la paix, la cohésion sociale face aux défis sécuritaires et la solidarité comme moteur du développement socio-économique. Trois piliers qui traduisent une vision globale et intégrée du développement.
Des attentes fortes pour des débats constructifs
Devant les chefs traditionnels, les leaders coutumiers et les panélistes, le directeur scientifique a exprimé son souhait de voir émerger des échanges « francs, féconds et courageux ». L'enjeu est clair : faire de ce cadre de réflexion un véritable catalyseur d'idées et d'actions.
En déclarant officiellement ouverts les travaux du panel scientifique du Djokhabinan 2026, le professeur Sib Sié Justin a ainsi lancé un appel à l'engagement collectif. Un appel à renforcer ce qui constitue, selon lui, la plus grande richesse du peuple lobi : son unité.
À Bouna, la tradition dialogue désormais avec la réflexion stratégique. Et dans cette rencontre entre héritage et modernité se dessine peut-être l'avenir d'une région en quête de stabilité et de prospérité durable.