À l’occasion du 3 mai, le monde célèbre la Journée mondiale de la liberté de la presse. Comme à l’accoutumée, cette date constitue un moment privilégié pour dresser un bilan global de la situation des professionnels des médias, dans un contexte mondial marqué par de multiples défis, notamment sécuritaires, économiques et géopolitiques.
Face à ces enjeux, les journalistes sont en première ligne. Sur le terrain, ils jouent un rôle essentiel de relais d’information, permettant aux populations de comprendre les réalités qui façonnent le monde.
L’édition de cette année offre une occasion cruciale de réaffirmer l’importance de la liberté d’expression et de rassembler les acteurs du journalisme, de la technologie y compris l’intelligence artificielle et des droits humains autour de solutions concrètes visant à renforcer les écosystèmes de l’information pour l’avenir.
Pour les Nations Unies, la liberté de la presse et le journalisme indépendant ne constituent pas de simples enjeux sectoriels. Ils représentent des forces d’avenir et des leviers transversaux au service de la paix, de la résilience et de la gouvernance démocratique.
« En favorisant l’accès à une information fiable, la redevabilité, le dialogue et la confiance, ils constituent des piliers essentiels de la paix, de la reprise économique, du développement durable et des droits humains. »
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Cependant, le contexte actuel et les rapports disponibles dressent un constat préoccupant de la situation des professionnels des médias.
Selon le Rapport mondial de l’UNESCO sur les tendances en matière de liberté d’expression et de développement des médias (2022-2025), la liberté d’expression dans le monde a reculé de 10 % depuis 2012. Une dégradation dont l’ampleur est comparable à celle observée lors des périodes les plus troublées du XXe siècle, telles que les deux guerres mondiales ou la Guerre froide.
Aujourd’hui, la désinformation et les manipulations liées à l’expansion de l’intelligence artificielle affaiblissent la confiance et menacent la sécurité nationale. Parallèlement, les médias indépendants font face à une fragilité économique croissante, souligne l’ONU.
D’après l’organisation, l’autocensure a augmenté de plus de 60 %, en raison de la crainte de représailles, du harcèlement en ligne, de l’intimidation judiciaire et des pressions économiques.
« Dans le monde entier, les professionnels des médias sont exposés à la censure, à la surveillance, au harcèlement judiciaire, voire à la mort », a constaté le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres.
Il souligne également qu’au cours des dernières années, de nombreux journalistes ont été pris pour cible et tués, notamment dans les zones de conflit. Plus alarmant encore, « 85 % des crimes commis contre des journalistes ne font l’objet d’aucune enquête ni d’aucune sanction. Un tel niveau d’impunité est inacceptable ».
Cette situation met la liberté de la presse à rude épreuve, comme jamais auparavant, sous l’effet combiné des pressions économiques, des nouvelles technologies et des manipulations délibérées.
Car, comme le rappelle le Secrétaire général de l’ONU, « lorsque l’accès à une information fiable s’érode, la méfiance s’installe ».
La liberté de la presse demeure pourtant essentielle. Elle permet aux médias d’exercer leur mission de manière indépendante et impartiale. « De la liberté de la presse découlent toutes les autres libertés. Sans elle, il ne peut y avoir ni droits humains, ni développement durable. Sans elle, il ne peut y avoir de paix », a-t-il affirmé.
Face à ces défis, Antonio Guterres appelle à une mobilisation collective : « Protégeons les droits des journalistes et faisons de ce monde un havre pour la vérité, et pour celles et ceux qui la révèlent ».
