Cameroun: Exil politique - Calixte beyala fracasse issa tchiroma, l'opposition camerounaise vacille

Calixte Beyala a retourné sa veste. Celle qui avait porté Issa Tchiroma après sa démission du gouvernement Biya livre aujourd'hui une charge sans précédent sur TikTok. L'écrivaine franco-camerounaise ne critique pas un adversaire. Elle enterre un ancien espoir.

TikTok comme tribune politique

L'écrivaine est une figure respectée du champ culturel camerounais. Elle avait été parmi les premières personnalités éminentes à défendre la candidature de Issa Tchiroma pour le plus haut poste. Ce soutien faisait suite à sa démission du gouvernement de Paul Biya. Un moment rare de défiance venue d'un ancien ministre du régime.

Aujourd'hui, Beyala décrit un homme qui a fui en Gambie pendant que ses partisans mouraient dans les rues. Ce n'est pas un réquisitoire d'ennemi. C'est un mea culpa public d'une ancienne croyante.

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Les causes d'une rupture morale

Issa Tchiroma a choisi l'exil politique au moment décisif. Selon Beyala, il a abandonné le contrat moral qui le liait à ses soutiens. Pas de faux serment. Pas de gouvernement fantôme. Pas même le théâtre du pouvoir.

Dans les systèmes autoritaires, la perception est de l'oxygène. Tchiroma a refusé d'inhaler. L'écrivaine lui fait honte de ne pas avoir accompli les actes de défiance post-électoraux les plus élémentaires. Un silence stratégique qui vaut aveu d'impuissance.

L'ascension de Tchiroma après sa démission était réelle. Mais elle était circonstancielle. L'effondrement de l'ancienne alliance du nord avec le régime Biya avait ouvert un espace. La fragilité de Bello Bouba a fait le reste. Tchiroma est devenu l'héritier charismatique sans préparation structurelle.

Comment un élan s'est transformé en impasse ?

La popularité de Tchiroma est née d'un timing, non d'un réseau militant. Il a saisi un moment. Il manquait d'infrastructure pour le soutenir. Depuis son exil, la stratégie se résume à des appels vagues à des « miracles » électoraux et des alliances avec des figures prônant la violence politique.

L'opposition camerounaise observe ce déclin. Tchiroma continue d'affirmer avoir gagné l'élection du 12 octobre. Mais la croyance sans organisation n'est que du bruit. Depuis la Gambie, ce bruit est devenu irrégulier.

Beyala pointe un renoncement méthodique. Boycott aveugle des élections locales. Stigmatisation des partis d'opposition dissidents qualifiés de « collaborateurs ». Ce qui ressemblait à un grand dessein relève désormais de l'improvisation sous pression.

Issa Tchiroma perdra sa capacité à mobiliser. L'exil politique use plus vite que l'action clandestine. Sans implantation territoriale et avec une équipe de coordination discordante, il ne pèsera plus sur la séquence électorale à venir. Le régime Biya maîtrise cette arithmétique. Il s'en amuse.

Le vide laissé par Tchiroma pourrait être occupé par deux forces opposées. D'un côté, une opposition camerounaise radicalisée prônant la force symétrique, comme dans les régions anglophones. De l'autre, un attentisme généralisé. Le sentiment national grandissant est que seule la confrontation violente pourrait déloger un système verrouillé depuis cinquante ans.

Beyala ne propose pas d'alternative. Elle dresse un post-mortem.

Le patient insiste pour vivre

La question qui reste ouverte : qui, dans l'opposition camerounaise, saura transformer un élan en endurance ?

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