Le ministère de la Santé et de l'Hygiène publique a été renforcé, jeudi dernier d'une clinique mobile destinée à la prise en charge la santé des populations en particulier celles confrontées à l'absence d'infrastructures médicales. Ce don vient du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et selon le ministère Ibrahima Sy pourrait constituer le point de départ d'un projet pilote de lutte contre les déserts médicaux.
Les populations du Nord du Sénégal peuvent désormais espérer une amélioration dans la prise en charge de leur santé. Souvent confrontées à l'insuffisance d'infrastructures sanitaires dans leurs zones, elles sont contraintes de parcourir de longues distances à la recherche de soins. Cette situation conduit souvent à des complications durant la grossesse, ainsi qu'une augmentation de la mortalité maternelle et infantile.
Jeudi dernier l'UNFPA est venue en appui au ministère de la Santé et de l'Hygiène publique en lui octroyant une clinique mobile. Ce don a été favorablement accueilli par le ministre de ce département, Dr Ibrahima Sy.
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Selon le directeur exécutif adjoint de l'UNFPA chargé de la gestion au siège de l'UNFPA à New York, Andrew Sabaton, cette clinique permettra aux populations concernées d'accéder à des soins de santé de qualité, comparables à ceux dispensés dans des hôpitaux, ou des centres de santé fixes.
D'un coût de 235 000 dollars, cet équipement médical permet, au-delà des consultations, la réalisation d'actes chirurgicaux ainsi que des accouchements dans des conditions de sécurité optimales.
Aminata Maïga, coordonnatrice du système des Nations Unies, a précisé qu'il s'agit d'une initiative conjointe de trois agences, l'UNFPA, l'UNICEF et l'ONU Femmes qui ont mis ensemble leurs ressources pour permettre aux populations les plus éloignées d'accéder aux soins. Cette démarche s'inscrit dans la vision des Nations Unies de ne laisser personne en marge, notamment en matière de santé reproductive et dans d'autres domaines essentiels de la santé. « C'est une clinique qui a un caractère écologique avec des panneaux solaires pour assurer l'autonomie des services avec un générateur qui permet de faire de fonctionner la clinique ».
Selon le docteur Seynebou Ndiaye, directeur régional de la Santé de Saint-Louis, et bénéficiaire de cet équipement, ce projet s'inscrit dans une planification amorcée depuis 2017. « C'est une première au niveau du Sénégal et qui a été demandée par la région de Saint-Louis pour le département de Podor pour pouvoir satisfaire une demande d'offre de services. Sur le plan géographique, nous avons une zone que nous appelons le Djeri qui n'a pas beaucoup d'infrastructures sanitaires et dont les populations ont besoin d'avoir une offre de services régulière, c'est-à-dire tout le paquet au complet pour une question d'équité, d'éthique et d'égalité » a-t-elle indiqué.
Le ministre de la Santé et de l'Hygiène publique a rappelé que la réduction de la mortalité maternelle néonatale et infantile est un défi énorme que le gouvernement a érigé en priorité absolue. « Avec cette clinique mobile, ce sera un dispositif sous forme de stratégie médicale avancée. On aura gynécologues, sages-femmes et infirmiers qui vont sillonner des localités avec un agenda bien déterminé et qui vont aller à la rencontre de ces femmes qui ont besoin de ces services-là pour les aider à avoir des grossesses sécurisées, des accouchements sécurisés et faire des références vers des structures de santé adaptées pour pouvoir les prendre en charge. Et ce sera l'occasion de faire un projet pilote pour lutter contre des déserts médicaux » a précisé le ministre Sy.
Il a également souligné la nécessité de mobiliser davantage de partenaires « on va convaincre les autres bailleurs ou bien l'État du Sénégal d'intégrer dans sa stratégie de lutte contre les déserts médicaux des camions mobiles qui pourront être positionnés dans certaines zones et pour prendre en charge les besoins des femmes en matière de santé reproductive ».