La présence d'éleveurs nomades Mbororo dans le territoire de Businga, à 140 km de Gbadolite (Nord-Ubangi), crée de l'insécurité, a rapporté dimanche 3 mai le député provincial Jean Yaya Kuba, qui dénonce une occupation facilitée par certains chefs locaux.
Il affirme que le gouvernement provincial a déjà suspendu trois chefs de groupement pour leur implication dans ce dossier.
Une progression organisée
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Selon l'élu de Businga, le mouvement des éleveurs est passé par plusieurs étapes. Partis du territoire de Yakoma, ils ont traversé Mobayi-Mbongo avant d'atteindre Businga.
Dans le groupement de Zakunda, le chef local les a d'abord accueillis avant de les conduire vers le groupement de Bongbowua. Ce dernier les a ensuite installés à deux kilomètres dans la forêt du groupement de Wuma.
La controverse des cartes de réfugiés
Le député pointe du doigt une contradiction administrative qui bloque l'action des autorités provinciales. Il affirme que ces éleveurs détiennent des cartes de réfugiés :
Ces documents sont délivrés par la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) ;
La CNR travaille directement avec le ministère de l'Intérieur à Kinshasa ;
Ces titres de séjour empêchent l'expulsion de ces éleveurs par la province.
« Les Mbororo ne sont pas des réfugiés », martèle le député. Il précise que les troupeaux détruisent les champs des paysans, accentuant la désolation au sein de la population locale.
Appel à l'arbitrage de Kinshasa
Face à l'ampleur du phénomène, le gouverneur du Nord-Ubangi, Jean-Bosco Kotongo, a pris des sanctions administratives en suspendant les chefs des trois groupements concernés.
Toutefois, Jean Yaya Kuba estime que seule une intervention du gouvernement central peut régler définitivement le problème. Il sollicite une clarification du statut de ces éleveurs pour mettre fin à l'insécurité dans la région
Il faut un pied avec la réaction des autorités locales ou la CNR sur les accusations de délivrance des cartes de réfugiés