La réforme du cannabis à Maurice entre dans une phase décisive, avec la remise attendue d'ici fin juin ou début juillet d'un rapport du comité technique chargé d'examiner les options de réforme, a annoncé jeudi la National Agency for Drug Control (NADC).
Lors d'un point de presse, le Chief Executive Officer de la NADC, Kunal Naik, a indiqué que ce document s'appuiera sur les travaux d'un groupe multidisciplinaire ainsi que sur une série de consultations nationales qui débuteront dès cette semaine.
Parmi les pistes étudiées figure l'élargissement de l'accès au cannabis médical, le développement du chanvre industriel, mais aussi la question sensible de la décriminalisation, voire d'une légalisation encadrée du cannabis.
« Nous maintenons une approche fondée sur les données scientifiques et sur l'inclusion», a déclaré Kunal Naik, tout en reconnaissant que certaines recommandations pourraient susciter des résistances au sein de différents groupes de pression. La réforme est présentée par les autorités comme une occasion de repenser la politique mauricienne en matière de drogues, dans un contexte où plusieurs pays ont engagé ces dernières années des réformes partielles ou complètes autour du cannabis médical ou récréatif.
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Les consultations prévues réuniront différents acteurs concernés, notamment des professionnels de la santé, des représentants de la société civile, des juristes, ainsi que des opérateurs économiques.
Selon Kunal Naik, le rapport final devrait permettre au gouvernement de disposer d'une base technique avant toute décision politique sur l'avenir du cannabis dans l'île.
Transparence et prudence réclamées
Un collectif de médecins du public et du privé appelle à « la prudence, la transparence et la légitimité démocratique » dans le débat sur la réforme du cannabis à Maurice, estimant qu'une éventuelle légalisation « encadrée »ne figurait pas clairement dans le programme gouvernemental. Dans une lettre ouverte envoyée à « l'express », les signataires s'interrogent sur « les qualifications exactes » et la légitimité des responsables appelés à piloter ce chantier, notamment au sein de la National Agency for Drug Control (NADC), ainsi que sur la composition du comité technique chargé de remettre un rapport d'ici fin juin 2026. Les médecins demandent la publication des qualifications, conflits d'intérêts et critères de nomination des membres du comité, tout en dénonçant une possible influence d'intérêts économiques liés à une future industrie du cannabis.
Le collectif insiste également sur les risques psychiatriques et sociaux liés au cannabis, particulièrement chez les jeunes, et réclame un débat « fondé sur des données locales solides » avant toute réforme majeure.