La deuxième édition du colloque-exposition itinérante sur les masques africains, initiée par la galerie-musée Makouiza, a eu lieu du 30 avril au 2 mai à l'Espace culturel Yaro, à Pointe-Noire. La population est appelée à valoriser le masque africain, méconnu du public et souffrant de plusieurs stéréotypes.
Historiens, chercheurs, élèves et étudiants... ont échangé pendant trois jours sur le thème « Le langage des masques ». Une rencontre qui a eu pour but de disséquer et d'en tirer la substance que contiennent essentiellement trois masques congolais, à savoir Loango, Kota et Kwele. L'activité s'est inscrite dans le cadre du projet intitulé « Contribution au progrès de la connaissance et la recherche sur les arts antiques » qui est, depuis son lancement l'année dernière, un moyen de valoriser le masque africain, méconnu du public et souffrant de plusieurs stéréotypes.
« Afin de mettre fin aux nombreux préjugés dont les masques font l'objet, nous avons jugé opportun de créer ce cadre de connaissance de notre héritage culturel. Ce déficit informationnel ajouté à la stigmatisation des masques de la part de la frange importante de la société avec pour conséquence immédiate le manque d'affluence du public dans les musées, oubliant que depuis des millénaires, le masque traditionnel africain fait partie intégrante de notre univers social », a dit Dilov Faouzikam Banzouzi, directrice du musée Makouiza.
« De nos jours, les masques africains font l'objet de recherche anthropologique par de nombreuses institutions culturelles et scientifiques à travers le monde. Il est donc impératif de mettre à la disposition du public toutes ces données en vue de son enracinement dans un monde de plus en plus globalisé. L'importance de la collaboration entre les communautés locales, les promoteurs culturels, les artistes spécialisés, les universitaires, chercheurs, historiens, enseignants, étudiants, structures culturelles devient évidente pour rechercher, documenter et archiver ce patrimoine pour une meilleure transmission des valeurs », a-t-elle précisé.
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Pour Pierre Claver Mabiala, directeur de l'Espace culturel Yaro, partenaire à l'activité et qui soutient l'initiative à travers le projet "Tudumukaanu" (Prenons l'envol) financé par l'Union européenne, « Nous pouvons faire plusieurs choses avec le masque. Il nous faut effacer la perception négative qu'ont les gens sur le masque si on veut assurer sa transmission aux générations futures, vulgariser son importance. C'est pourquoi, cette année, on a mis l'accent sur les enfants et les écoles qui vont passer visiter à tour de rôle l'exposition et seront sensibilisés ainsi au masque et à son importance».
Frédéric Pambou, président honoraire du Centre d'études et de civilisation Loango, a fait, après la lecture d'un extrait de sa pièce de théâtre « Bouanga de tous les miroirs », une communication sur son œuvre. Celle-ci revisite des us et coutumes Loango. Il a comparé plusieurs éléments et symboles contenus dans son œuvre théâtrale à un certain nombre de masques exposés. Les couleurs, les postures, les matériaux utilisés...sont autant d'éléments qui ont suscité son attention et sa curiosité. Les autres orateurs ont exposé sur les masques Loango, Kota et Kwelé au cours du colloque.
Situé dans le troisième arrondissement, Tié Tié, la galerie musée Makouiza est un véritable trésor implanté en République du Congo avec plus de 3 000 objets d'arts anciens africains, des pagnes en raphia et des faïences coloniales sans oublier plusieurs autres objets historiques et de valeur. Sa vision est de s'affirmer comme une institution de référence dans la conservation, la valorisation et la transmission de l'art africain. A l'horizon 2035, son objectif est de devenir un pôle d'excellence du patrimoine congolais dans le pays, dans la sous-région, avant de rayonner à l'échelle internationale à l'horizon 2040.
Signalons que le thème mondial de la Journée mondiale des musées est « Le musée unit un monde divisé ».