Mali: Un important dispositif sécuritaire déployé à Bamako

Dans un climat de haute tension, les fouilles des automobilistes se multiplient dans la capitale. Des barrières ainsi que des blindés sont visibles à certains endroits de la capitale malienne.

Des blindés sont toujours positionnés à proximité de l'ambassade de Russie à Bamako, après les attaques coordonnées du 25 avril dernier qui ont ciblé sept localités du pays, dont Kati, le fief des militaires au pouvoir, ainsi que la capitale.

La zone est désormais ouverte à la circulation, mais avec la présence d'un important dispositif sécuritaire. Les accès du siège de la radio-télévision nationale demeurent, pour leur part, bloqués à la circulation sur plusieurs kilomètres.

Pour Warma, motocycliste, la mesure est bonne, mais elle a ses limites :

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"Avec les barrières, on peut faciliter le contrôle des mouvements dans la ville. Mais si on les maintient sur une durée un peu plus longue, je crois que c'est l'État qui perdra. Parce que les voies de contournement ne sont pas en bon état. Résultat : nous passons plus de temps sur la route, perdant du temps, du carburant aussi, et nous mettons plus de temps à rejoindre notre lieu de travail", résume-t-il.

Pour cet autre conducteur, il faudrait déterminer des heures pour la circulation dans les zones verrouillées :

"Je crois qu'on peut fixer des horaires pour la fermeture et l'ouverture des axes routiers actuellement fermés à la circulation. Malgré la mobilisation de nos forces de défense et de sécurité, des éléments terroristes se trouvaient toujours parmi nous. Nous devons rester vigilants pour faciliter leur travail", estime-t-il.

Le président Goïta ministre de la Défense par décret

Depuis quelques jours, les véhicules sans plaque d'immatriculation et ceux aux vitres teintées ou fumées sont interdits à la circulation. Mais, dans les faits, la mesure ne semble pas s'appliquer à tous. Les Bamakois, comme Moussa, déplorent que ce type de véhicule soit souvent utilisé par les forces de sécurité.

"Nous devons être traités sur même pied d'égalité, si nous sommes tous égaux en droits et devoirs. Nous voyons encore des personnes qui circulent à bord de véhicules aux vitres teintées et sans plaque d'immatriculation, sans qu'elles ne soient inquiétées. Dans le contexte actuel, tout le monde doit être contrôlé sans ménagement", assure-t-il.

"On ne doit plus faire confiance à quelqu'un, pas même à ses proches. Le plus important, pour moi, c'est de faire appliquer la loi en contrôlant tout le monde sans exception."

Ce lundi, le président de la transition, le général d'armée Assimi Goita, a été nommé, par décret, ministre de la Défense et des anciens combattants. Celui-ci va donc cumuler les deux fonctions, en remplacement de Sadio Camara, tué le 25 avril dernier.

Le général Oumar Diarra, précédemment chef d'État-major des armées, a, pour sa part, été nommé ministre délégué de la Défense pour assurer la gestion courante du ministère qui était dirigé par Sadio Camara.

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