Angola: Le Parlement angolais suspend les débats sur un projet de loi visant à clarifier la notion de « fausse information »

Luanda — Les débats au sein des commissions spécialisées de l'Assemblée nationale (Parlement) ont été suspendus ce lundi afin de définir clairement la notion de « fausse information » et de délimiter le champ d'intervention de l'État dans l'espace numérique.

Cette décision a été prise lors de l'examen du préambule et du premier chapitre du projet de loi contre la désinformation sur Internet, une initiative du pouvoir exécutif. Ce projet de loi vise à renforcer le processus démocratique en luttant contre la désinformation et en promouvant la diversité de l'information sur Internet en Angola. Il vise également à responsabiliser les plateformes numériques quant à leurs politiques de lutte contre la désinformation et à accroître la transparence concernant les contenus payants mis à la disposition des utilisateurs.

Il entend aussi décourager l'utilisation de faux comptes pour diffuser de la désinformation sur les applications Internet. Avant la suspension des travaux, le député Manuel da Fonseca, du groupe parlementaire UNITA, avait exprimé des réserves quant au contenu du document, arguant qu'il « n'est pas valable » car, selon lui, il présente des faiblesses fondamentales.

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Selon le parlementaire, la proposition se concentre essentiellement sur les médias, ce qui, à son avis, pourrait constituer une tentative d'intimidation des critiques politiques, soulevant des inquiétudes quant à la protection de la liberté d'expression. Parmi les préoccupations soulevées par la députée Mihaela Weba, également membre de l'UNITA, figure la difficulté d'identifier les responsables des pages de médias sociaux qui diffusent des contenus controversés ou prétendument faux.

De leur côté, les parlementaires favorables à l'initiative rejettent les accusations de censure ou d'intimidation. Dans ce contexte, le député du MPLA Milonga Bernardo a réaffirmé que l'objectif principal de cette proposition est de préserver l'intérêt public. Elizandra Coelho, du même parti, a rappelé que la diffusion de fausses informations sur Internet nuit à la société, justifiant ainsi la nécessité de cette législation. Enfin, le secrétaire d'État à la Communication sociale, Nuno Calda, a réaffirmé que la législation se concentre exclusivement sur les fausses informations diffusées en ligne.

Suite à l'interruption des débats, les commissions spécialisées devraient approfondir l'analyse des concepts en question, afin de garantir une plus grande clarté et une meilleure précision juridique, ainsi que le nécessaire équilibre entre la lutte contre la désinformation et la protection des droits fondamentaux dans l'espace numérique. Les débats sur le projet de loi reprendront mercredi au sein des commissions spécialisées. Ce texte législatif, dont les débats spécialisés ont débuté, a été proposé par l'Exécutif et comprend trois sections, cinq chapitres et 34 articles.

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