Tunisie: FILT 2026/Evaluation et renouvellement de la Stratégie nationale d'incitation à la lecture - Pour une approche participative

Revenir sur l'intérêt et les objectifs de la stratégie nationale d'incitation à la lecture qui entend soutenir, promouvoir et étendre les initiatives destinées à susciter le goût de la lecture notamment chez les jeunes.

La désaffection pour la lecture est un phénomène général. Les jeunes sont de plus en plus réticents vis-à-vis du livre et de la lecture. Une question préoccupante qui a poussé l'Etat à lancer en 1991 une stratégie nationale d'incitation à la lecture. La rencontre organisée dans le cadre de la Foire internationale du livre au stand du ministère des Affaires culturelles s'est penchée sur l'évaluation et le renouvellement de la stratégie nationale d'incitation à la lecture, et ce, avec la participation de plusieurs intervenants tunisiens.

La rencontre modérée par Houda Kéfi a donc permis aux intervenants de revenir sur l'intérêt et les objectifs de la stratégie nationale d'incitation à la lecture qui entend soutenir, promouvoir et étendre les initiatives destinées à susciter le goût de la lecture notamment chez les jeunes. Les intervenants se sont accordés à dire qu'au niveau de l'évaluation les résultats sont en deçà des espérances et l'intérêt pour le livre, les bibliothèques et la lecture est très faible.

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Malgré la stratégie menée conjointement par le ministère des Affaires culturelles et le ministère de l'Education, qui vise à promouvoir l'intérêt et le plaisir de lire chez les jeunes, les participants ont observé un désintérêt croissant et une réticence envers la lecture chez de nombreux jeunes qui s'orientent davantage vers les réseaux sociaux. L'époque du livre papier est-elle révolue sous l'effet de l'intelligence artificielle qui domine notre quotidien ?

Levier de développement intellectuel, l'encouragement à la lecture et la réconciliation des jeunes avec le livre nécessitent, selon Leila Selmi, directrice de la Direction de la lecture publique, un renforcement du cadre scolaire et la modernisation des infrastructures qui constitue une action importante voire vitale notamment comme activité organisée et suivie dans les programmes scolaires.

Elle a, d'autre part, énuméré les différentes manifestations, concours organisés depuis des années pour attirer les jeunes vers la lecture. Pour ce faire, les participants ont proposé d'établir des programmes spécifiques à l'instar du « Sac de lecture », des mini-bibliothèques dans les bus scolaires. Elle a également indiqué que la Tunisie dispose de 443 bibliothèques publiques comprenant 8 millions de livres qui drainent 3 millions de lecteurs par an.

Pour ce faire, il a été suggéré une mobilisation de tous les acteurs du livre qui doivent établir des partenariats et des actions culturelles où seront impliqués à la fois les ministères de la Culture, de l'Education, de la Jeunesse, de la Femme et de l'enfance. Sans oublier l'organisation d'événements destinés à dynamiser la culture du livre et de la lecture à l'instar de la Foire internationale du livre de Tunis. L'enseignant Moheiddine Kelai a proposé de changer notre approche pédagogique en faisant appel à l'intelligence de l'enfant à l'instar de ce qui se passe dans les pays occidentaux.

Pour sa part, le poète et ex-enseignant Lotfi Chebbi a rappelé que les clubs culturels, qui existaient avant les années 90, ont participé efficacement à la construction de la personnalité des jeunes et que les changements apportés au système pédagogique ont déstabilisé notre approche du livre et de la lecture. Les intervenants se sont mis d'accord pour que le livre ne soit pas une simple obligation scolaire mais un outil d'apprentissage permanent dans lequel on peut trouver du plaisir et de la satisfaction et qui participe à la construction de la personnalité et l'identité du Tunisien.

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