Au Burkina Faso, la chaleur n'est pas une nouveauté. Elle fait partie du quotidien, du rythme des saisons, des habitudes de vie. Mais aujourd'hui, quelque chose a changé. La canicule s'installe avec une intensité et une durée inhabituelle. Elle gagne même les zones réputées les plus arrosées du pays. Ce phénomène, loin d'être anodin, agit comme un signal d'alarme. Il nous rappelle que notre rapport à l'environnement doit évoluer.
L'idée d'aménager pour l'année 2026, 80 espaces verts, 60 ronds-points, 65 kilomètres de plantations d'alignement et 10 kilomètres d'avenues dans les différentes villes du Burkina Faso est à saluer.
À cela s'ajoutent la création d'un parc écologique, le renforcement du parc urbain Bangr-Weogo, ainsi que la mise en place d'un espace de sylvothérapie et d'une aire zoologique dans la forêt de Kua, à Bobo-Dioulasso. L'instruction a été donnée par le ministre de l'Agriculture, de l'Eau, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié. En effet, il ne s'agit plus simplement de supporter la chaleur ou de chercher refuge à l'ombre d'un arbre. La situation actuelle exige une réflexion approfondie sur les origines et les effets de cette augmentation des températures.
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Le changement climatique n'est plus une notion éloignée, réservée aux discussions. Il est désormais une réalité tangible, ressentie au quotidien par les populations du Burkina Faso : sols asséchés, diminution des rendements agricoles, stress hydrique accru, tarissement rapide des cours d'eau et conditions de vie de plus en plus difficiles. Face à cette situation, on pourrait être tenté de se fier uniquement à la nature ou à la providence. Cependant, il est essentiel de mettre en place une réponse environnementale structurée et collective. Cela débute par une prise de conscience : la dégradation de notre environnement n'est pas inévitable, mais souvent le résultat de nos actions.
La déforestation massive, l'exploitation désordonnée des ressources naturelles et une urbanisation mal régulée intensifient les effets de la chaleur. Dans les zones urbaines, le béton a progressivement remplacé les espaces verts, transformant certains quartiers en véritables îlots de chaleur. Dans nos précédentes publications, nous avons attiré l'attention sur la transformation des espaces verts à Ouagadougou, ainsi que dans d'autres villes, qui a rendu les températures encore plus difficiles à supporter. Planter des arbres, aménager des espaces verts, repenser l'urbanisme ne relèvent plus du luxe ou de l'esthétique.
Évoluer vers des pratiques plus résilientes
Ce sont des impératifs de survie. Les techniques agricoles doivent évoluer vers des pratiques plus résilientes : agroécologie, reboisement, gestion durable des sols et de l'eau. Il ne s'agit pas de rompre avec les savoirs traditionnels, mais de les enrichir par des innovations adaptées au contexte actuel. Le ministère de l'Agriculture, de l'Eau, des Ressources animales et halieutiques est certes engagé dans cette dynamique, mais doit intégrer pleinement la dimension climatique et environnementale.
Cela passe par des investissements dans la reforestation, la protection des ressources en eau, la promotion des énergies renouvelables, mais aussi par l'éducation et la sensibilisation des populations. Car une transition écologique réussie ne peut se faire sans l'adhésion des citoyens. Mais au-delà du ministère de l'Agriculture, chacun est interpellé.
Les gestes individuels, souvent perçus comme insignifiants, peuvent avoir un impact réel s'ils sont adoptés à grande échelle. Il s'agit par exemples d'éviter le gaspillage d'eau, de protéger les arbres, de réduire les feux de brousse et de privilégier des modes de consommation plus responsables. La lutte contre la canicule est aussi une affaire de comportements.
Cette chaleur accablante que nous ressentons aujourd'hui peut devenir une opportunité. Celle de repenser notre modèle de développement, de réconcilier croissance et respect de l'environnement, de bâtir un avenir plus durable. Le Burkina Faso, avec ses ressources humaines et son savoir-faire local, a les moyens de relever ce défi. Le ministre Ismaël Sombié vient de le démontrer en donnant des instructions fermes aux équipes techniques de la Direction générale de l'environnement et du cadre de vie (DGECV) de mettre le projet en œuvre, afin de tirer profit de la saison pluvieuse.