Dakar — Le ballet national La Linguère a offert au public un spectacle riche en couleurs et en émotions, en exécutant une pièce intitulée "Jollof", référence à l'empire du Djolof, en clôture de la 13ème édition de la Biennale de la danse en Afrique, qui a pris fin ce week-end à à l'Ecole de sables de Toubab Dialaw.
Les pensionnaires du ballet national La Linguère ont réussi, lundi soir, une prestation magistrale, inspirée de cette pièce renvoyant à l'empire du Djolof, puissant État ouest-africain situé dans l'actuel Sénégal, fondé au XIIIe siècle par Ndiadiane Ndiaye.
Durant plus de cinquante minutes, la scène a vibré au rythme des mortiers et des pilons, de flûtes, de tambours. Il y a eu surtout ces chants ancestraux mêlés à des danses contemporaines, pour raconter un sursaut des peuples noirs d'Afrique et de sa diaspora à travers le "Djolof".
"Nourri du folklore, des mythes et des légendes des pays des Baobabs et des forêts sacrées dogons de l'Empire Mandingue", le spectacle ouvre le dialogue entre "héritage et modernité", indique un communiqué de presse.
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"Ce soir, nous vous présentons Djolof ou +la danse des enfants de la terre+, un spectacle de danse chorégraphique narratif, qui s'inscrit dans la thématique de la souveraineté nationale du peuple sénégalais", a déclaré, en introduction, la directrice générale du Théâtre national Daniel Sorano, Oumy Diakhaté.
Selon Mme Diakhaté, ce spectacle reste une "invitation au voyage, où les corps et les cadences s'entremêlent au rythme des tambours".
"Ce spectacle est un récit et un sursaut. Il puise aussi sa force dans une double inspiration, notamment à travers l'œuvre poétique du président-poète Léopold Sédar Senghor, +Que m'accompagnent Kora et Balafong+, un chant au travail et à la souveraineté", a-t-elle expliqué, en présence du directeur général de la Culture.
La pièce "Jollof" puise également son inspiration dans "la puissance musicale" et le "message du King de la pop américaine, Michael Jackson (1958-2009)", à travers son morceau "They don't care about us" (Ils ne se soucient pas de nous, en anglais), a signalé Oumy Diakhaté.
"C'est un grand plaisir pour moi, d'avoir réussi cette Biennale de la danse qui a été initiée par l'Institut français à Paris, il y a trente ans", a réagi la chorégraphe Germaine Acogny, se félicitant de la tenue de cette grande rencontre de la danse, qui s'est déroulée pour la première fois en Afrique.
"Nous avons reçu de très belles critiques disant que la Biennale était bien organisée [...], l'École des Sables a été transformée en un village planétaire avec des scènes internationales qui ont reçu 25 compagnies, dont 10 sénégalaises", a précisé Germaine Acogny.
Née il y a une trentaine d'années à Luanda, en Angola, sous forme de concours chorégraphique, cette manifestation s'est progressivement transformée en une biennale itinérante dédiée à la création contemporaine africaine.