Ile Maurice: Quand les dettes étouffent la croissance

Maurice continue de faire preuve de résilience, mais les nuages s'accumulent. Au terme de sa mission menée du 22 avril au 4 mai dans le cadre des consultations annuelles au titre de l'Article IV, le Fonds Monétaire International (FMI), conduit par Mariana Colacelli, dresse un constat sans détour : la croissance ralentit, les risques augmentent et les réformes deviennent urgentes. La délégation comprenait également Leandro Medina, Hasnae El Idrissi, Athene Laws et Wilson Phiri.

Après une progression de 3,2 % en 2025, l'économie devrait ralentir à 2,8 % en 2026. En cause : un contexte international incertain, marqué notamment par la guerre au Moyen-Orient, qui pèse sur le tourisme, pilier de l'activité économique. À cela s'ajoutent les tensions sur les prix de l'énergie et des produits alimentaires, susceptibles de raviver les pressions inflationnistes.

Sur le plan budgétaire, les indicateurs s'améliorent avec une réduction du déficit. Mais cette évolution reste fragile. La dette publique demeure élevée, autour de 88 % du produit intérieur brut, et poursuit sa progression, avec une hausse de Rs 14 milliards en seulement trois mois. Pour le FMI, l'ajustement repose encore trop sur des mesures ponctuelles, appelant à un redressement plus structurel des finances publiques.

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L'institution recommande de renforcer la mobilisation des recettes et de mieux maîtriser les dépenses, notamment les transferts et les pensions. Du côté monétaire, la politique actuelle est jugée globalement appropriée, mais la Banque de Maurice est invitée à rester vigilante face aux pressions inflationnistes et à consolider son cadre d'intervention, tout en préservant son indépendance.

Au-delà des équilibres macroéconomiques, le FMI insiste sur les leviers de long terme : productivité, compétences, investissement privé et adaptation climatique. Dans un contexte de vieillissement démographique et de déséquilibres extérieurs persistants, le modèle de croissance montre ses limites.

En somme, l'économie tient, mais elle s'essouffle. Entre dette en hausse et appareil productif sous tension, Maurice entre dans une phase de choix économiques décisifs.

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