Ile Maurice: Les acteurs des secteurs pêche, boulangerie et éducation font entendre leur voix

Plusieurs acteurs clés ont été entendus, hier, lors de la quatrième journée des consultations prébudgétaires 2026-2027. C'était au tour des représentants du secteur de la pêche, de la boulangerie ainsi que du secteur éducatif d'échanger avec le junior minister aux Finances, Dhaneshwar Damry.

À l'issue de la séance, il mit en avant deux constats majeurs. « Premièrement, il existe des problèmes auxquels les gens font face depuis des années et qui restent sans solution. Deuxièmement, nous sommes tous alignés sur une chose : travailler dans l'unité et la solidarité. C'est main dans la main que nous pourrons naviguer dans l'incertitude liée à la guerre (Ndlr, au Moyen-Orient).»

Il a tenu à rassurer la population : « Nous avons à cœur vos problèmes. (...) En même temps, il faut être responsable et durable. » Il a aussi évoqué la nécessité de repenser les systèmes qui ne nous servent plus, tout en saisissant l'opportunité de commencer à bâtir une Maurice de nouvelle génération.

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Du côté du secteur de la pêche, Sooress Awotar, représentant de l'Association des pêcheurs de Roches-Noires, a insisté sur la nécessité de renforcer la formation des pêcheurs, afin de diversifier les techniques au-delà de la canne à pêche et du casier. Il a également proposé une révision à la hausse de la Bad Weather Allowance, qui passerait de Rs 800 à Rs 1 200, en raison de la hausse du coût de la vie. Les pêcheurs, a-t-il souligné, doivent souvent transporter du matériel lourd, d'où la demande d'un dispositif de transport avec facilité duty-free. De son côté, Asmeen Goodur, de Shear Water Offshore Fishing Cooperative, a plaidé pour l'octroi de subventions sur le diesel face à la hausse des prix des carburants.

Le président de l'Association des propriétaires de boulangeries, Nasser Moraby, a soulevé plusieurs difficultés de son secteur, dont le recrutement de travailleurs étrangers. Il a également abordé la question du seuil d'enregistrement à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Selon lui, la baisse du seuil de Rs 6 millions à Rs 3 millions de chiffre d'affaires annuel, annoncée dans le Budget 2025-2026, en vigueur depuis le 1ᵉʳ octobre 2025, a eu un impact négatif. « Beaucoup s'étaient lancés dans la pâtisserie. Mais avec l'application de la TVA, plusieurs n'arrivent plus à suivre », a-t-il déploré, appelant à une révision du seuil à Rs 10 millions afin de soutenir le secteur.

Concernant l'augmentation du prix du pain de Rs 1,30 aux 100 grammes en avril, il explique qu'une part importante de cette hausse est absorbée par plusieurs facteurs, notamment la réduction de la subvention sur le sac de farine de 25 kilos pour les boulangeries, les remboursements à la Mauritius Revenue Authority ainsi que la récente hausse du prix du diesel. Au vu de la fragilité des marges, un nouveau costing sera soumis au ministère.

Le secteur de l'enseignement supérieur a également été au centre des échanges. Dinesh Surroop, directeur général de l'Open University of Mauritius, a mis en avant plusieurs pistes de développement. Selon lui, l'un des axes majeurs concerne l'internationalisation, dans un contexte où le nombre d'étudiants locaux est en baisse. « Nous avons proposé de promouvoir le secteur de l'enseignement supérieur afin d'attirer davantage d'étudiants internationaux.» Il estime que des incitations sont nécessaires pour encourager cette dynamique, soulignant que ce secteur peut devenir un service d'exportation, générant des revenus et contribuant au produit intérieur brut. Parmi les autres pistes évoquées figure également la transformation digitale, avec un appel au soutien pour améliorer les facilités numériques.

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