Une vague de démissions secoue le pôle tertiaire du Mahatma Gandhi Institute (MGI). Depuis le lundi 27 avril, 16 chefs de département ont officiellement soumis leur lettre de démission, dénonçant une gestion qu'ils jugent inéquitable, dans un contexte marqué par l'absence prolongée d'un Conseil fonctionnel. Une situation qui soulève des interrogations sur la gouvernance de l'institution et ses conséquences sur le corps académique.
Selon Roshan Boodnah, président de l'Association du personnel senior du MGI, cette crise puise ses origines dans la dissolution du Council, intervenue avant les élections générales de 2024. Depuis, aucune nouvelle instance n'a été mise en place, plongeant l'institution dans une forme de paralysie administrative. «Nous faisons face à un problème au niveau du MGI, mais tertiaire. Le MGI est géré par un Council, un peu comme le Mauritius Examination Syndicate l'est par un board. Or, cela fait 18 mois que nous n'avons pas de Council», explique-t-il.
Du fait de ce vide institutionnel, plusieurs mécanismes de gouvernance sont à l'arrêt. Les comités clés, notamment le Staff Committee, l'Appointment Committee et le Finance Committee ne sont plus opérationnels. En l'absence de ces structures, certaines décisions seraient prises de manière unilatérale par le management, selon les représentants du personnel. «Sans Council, le management pourrait prendre des décisions. Cela peut aller jusqu'à la suppression d'allocations ou le blocage de promotions», avance Roshan Boodnah.
Les conséquences de cette situation se font déjà sentir au sein du personnel académique. Des recrutements sont suspendus, les promotions gelées, et certains enseignants auraient quitté l'institution sans avoir pu bénéficier d'avancements espérés. Une frustration qui alimente un climat d'incertitude et de démotivation parmi les employés.
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Le fonctionnement du Council repose normalement sur une composition incluant des représentants de plusieurs instances gouvernementales, dont ceux des ministères de l'Éducation, des Finances et du bureau du Premier ministre. Sa nomination relève du Conseil des ministres, qui doit désigner un président à temps partiel. Or, cette absence prolongée soulève des interrogations sur les délais de mise en place de cette instance essentielle.
Au-delà de la gestion interne, c'est aussi l'avenir du pôle tertiaire du MGI qui suscite des inquiétudes. Avec une baisse du nombre d'étudiants et une concurrence accrue dans le secteur de l'enseignement supérieur, certains craignent un affaiblissement progressif de cette filière. «Nous devons nous diversifier mais pour cela, nous avons besoin d'un Council», insiste Roshan Boodnah. Lemandat du MGI, défini par le MGI Act, inclut notamment la promotion de la culture indienne et le développement de l'éducation.
La gouvernance du MGI implique par ailleurs une articulation entre plusieurs porte- feuilles ministériels, notamment ceux de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, chacun contribuant au financement de l'institution. Une complexité administrative qui, sans instance de coordination, pourrait accentuer les difficultés actuelles.
En attendant la mise en place d'un nouveau Council, la gestion repose sur les épaules d'un Officer-in-charge, délégué par le ministère de l'Éducation, présent de manière ponctuelle. Une solution temporaire jugée insuffisante par certains membres du personnel, qui estiment que la spécificité du fonctionnement du MGI nécessite une gouvernance plus structurée et permanente. L'affaire a également trouvé un écho dans la sphère publique. Harish Boodhoo, figure politique, s'est interrogé sur les réseaux sociaux quant à l'absence prolongée de Council pendant 18 mois.
Sollicité sur cette question, le ministère de l'Éducation a indiqué qu'il s'agissait d'une décision du gouvernement, qui travaille sur le dossier.
Le Rabindranath Tagore Institute se trouverait dans une situation similaire, ce qui laisse entrevoir une problématique plus large touchant certaines institutions culturelles et éducatives du pays.