Le ministre de l'Agro-industrie, de la sécurité alimentaire, de l'économie bleue et de la pêche, Arvin Boolell, a donné le coup d'envoi de la Mauritius Ocean Week 2026, hier, au Caudan Arts Centre. Du 4 au 9 mai, cet événement rassemble scientifiques, décideurs politiques, industriels, communautés et jeunes afin de définir des solutions pratiques pour une économie océanique résiliente.
« Il est grand temps de faire le point sur les réalisations des secteurs public, privé et des organisations non gouvernementales. Nous devons mobiliser les jeunes, les femmes et tous ceux qui aspirent à un avenir meilleur. Il est temps de tourner la page et d'écrire un nouveau chapitre. Maurice possède la plus grande Zone économique exclusive d'Afrique et la vingtième au monde. En tant que grand État océanique, nous avons des droits et des devoirs. Et en tant que petit État insulaire en développement vulnérable, nous avons l'obligation d'adopter un plan de développement durable de l'océan. Nous devons prendre les devants et créer les conditions nécessaires à la construction d'une économie bleue et résiliente », a affirmé le ministre.
Le gouvernement entend agir dans quatre domaines : mobiliser les ressources humaines - pêche, transformation, tourisme et commerce maritime - ; faire de Maurice un port essentiel de l'océan Indien ; mettre en place un cadre législatif pour l'économie bleue ; et explorer des mécanismes de financement innovants, tels que les obligations bleues et les échanges de dettes contre nature. Les initiatives des Seychelles, qui étendent leur aire marine protégée, constituent un exemple de référence pour Maurice.
Évoluer vers la pêche semi-industrielle
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Arvin Boolell a annoncé le relancement du National Blue Carbon Task Force et du National Coral Reef Network. Le ministère prévoit également, avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le développement, la création d'un Blue Carbon Tech Hub à l'Albion Fisheries Centre d'ici novembre 2026 - un laboratoire régional accessible aux pays de la région pour réaliser des évaluations du carbone bleu, dans les domaines de la pêche durable, des énergies renouvelables, des biotechnologies et de la surveillance par intelligence artificielle.
Le junior minister à l'Agro-industrie, Fabrice David, a rappelé que les Assises de l'Océan, lancées l'année dernière, progressent par étapes : observation, consultation, validation, puis implémentation avec la Mauritius Ocean Week.
Inspiré par l'expérience du Cap-Vert, Maurice vise un plan d'action concret pour son économie océanique. « Avec plus de 2 300 pêcheurs artisanaux, le gouvernement souhaite les encourager à évoluer vers la pêche semi-industrielle en offrant des incitations comme le SemiIndustrial Vessel Scheme, qui propose jusqu'à Rs 6 millions pour l'acquisition de bateaux de pêche semi-industriels, ainsi que des équipements et des formations pour transformer les pêcheurs en entrepreneurs », a-t-il souligné.
L'appel de Judex Rampaul pour la formation des jeunes à la pêche
Pour le secrétaire du syndicat des pêcheurs, Judex Rampaul, il est urgent que le gouvernement soutienne les pêcheurs locaux. Il a déjà préparé un document sur les défis du secteur, centré sur la formation des jeunes. «Il est inacceptable de devoir faire appel à des travailleurs étrangers pour la pêche, car de nombreux jeunes Mauriciens sont prêts à rejoindre ce secteur. La formation est primordiale pour permettre aux jeunes d'y entrer, surtout face à la crise actuelle.»
Contrairement aux idées reçues, il affirme que beaucoup de jeunes s'intéressent à la pêche, qu'il juge rentable. Il plaide pour l'ouverture d'écoles de formation adaptées - la pêche en lagon et en pleine mer exigeant des compétences différentes. Il demande également la création d'un marché de poissons accessible, et pratiquant des prix abordables et dénonce les longues procédures qui freinent l'industrie. Fort de plus de 45 ans d'expérience, Judex Ramphul est convaincu que la pêche peut constituer une carrière viable, à condition que les jeunes bénéficient de conditions de travail justes et d'un soutien institutionnel réel.