À Paris, le Haut Conseil des Maliens de France (HCMF), organe officiel de la diaspora rattaché aux autorités de transition, a organisé samedi 2 mai un rassemblement de soutien au régime en place. Il fait suite à une série d'attaques conjointes menées par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) et par les rebelles indépendantistes du Front de libération de l'Azawad (FLA), qui ont visé plusieurs cibles militaires dans le pays : à Kidal, notamment, reprise par les groupes armés, et Kati, près de Bamako, fief des militaires au pouvoir. Le ministre de la Défense, le général Sadio Camara, avait été tué dans cette attaque.
Brandissant des drapeaux du Mali et de l'Alliance des États du Sahel (AES) place de la République, à Paris, ils sont plusieurs dizaines à avoir répondu à l'appel du Haut Conseil des Maliens de France (HCMF), samedi 2 mai 2026. Son secrétaire général, Karim Agaly Cissé, est venu porter « un message de solidarité envers le peuple malien et de condamnation de tous les actes de traîtrise et de barbarie contre la République du Mali ».
« C'est un rassemblement de soutien aux institutions de la République du Mali, poursuit ce dernier, à commencer par le président de la République [le général Assimi Goïta, au pouvoir sans élections depuis le coup d'État militaire d'août 2020, NDLR]. On lui fait absolument confiance pour sortir le pays de l'ornière et pour bouter les terroristes hors de nos frontières ».
« On encourage l'armée malienne »
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Le nom du général Sadio Camara, ministre de la Défense tué le 25 avril dans l'attaque du camp militaire de Kati, est sur toutes les bouches et son portrait dans de nombreuses mains. Yamedou Doucouré, en France depuis 24 ans, et son voisin, qui préfère ne pas donner son nom, sont de fervents soutiens du régime de transition.
« On n'a pas d'autres moyens que de manifester notre colère ici en France, pose le premier. Nous sommes dans un pays de droits. Nous sommes en colère contre la barbarie qui se déroule au Mali, contre les gens qui la font et ceux qui la soutiennent. Moi, je ne dis pas que ce sont des jihadistes, je dis que ce sont des mercenaires soutenus par d'autres pays : la France, l'Algérie, la Mauritanie... Tous ces pays sont derrière ces gens-là. On voit ce qui se passe. »
« Les groupes armés, ce sont des bandits, estime le second. Pour moi, il n'y a pas de négociation possible avec eux. Il faut qu'ils disparaissent. On encourage l'armée malienne, jusqu'au bout. »
« On n'a pas d'autre choix »
Sanounou Diakité, étudiant, n'est quant à lui pas opposé à des négociations avec les groupes armés et n'est pas un inconditionnel des militaires au pouvoir. Mais dans le contexte actuel, il veut faire bloc : « On présente tout notre soutien à l'armée, au peuple malien et aux autorités de transition, parce que c'est la seule alternative qu'on voit pour le moment. On n'a pas d'autre choix que de leur faire confiance ».
Dans les prochains jours, d'autres rassemblements de soutien à l'armée, aux victimes et à l'intégrité du Mali doivent être organisés par des opposants au régime de transition.