Congo-Kinshasa: Est du pays - De l'aide humanitaire acheminée à Minembwe, un des territoires les plus isolés par la guerre

C'est une première depuis des mois : une équipe humanitaire a réussi à atteindre le territoire de Minembwe, dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, des deux côtés de la ligne de front. Pour y parvenir, ils ont obtenu des belligérants une trêve humanitaire de quelques jours, le temps que le convoi arrive, travaille et se retire. Une première donation a été effectuée ce week-end.

Ce que les humanitaires ont trouvé sur place est préoccupant, selon les premières informations : des structures de santé à bout de souffle, privées de médicaments et d'intrants depuis des mois, confrontées en même temps à un afflux massif de blessés liés aux combats.

Pour mesurer l'ampleur de la crise, le rappel de quelques chiffres : au moins 500 blessés ont été admis dans trois hôpitaux des hauts plateaux du Sud-Kivu en trois mois, à Bukavu, Uvira et Fizi.

Les donations ont été faites des deux côtés de la ligne de front, au Centre de Santé de Point-Zéro, sous contrôle des Forces armées de la RDC et de leurs alliés, ainsi qu'aux hôpitaux de Mikenge-Kipupu et de Minembwe, sous contrôle du groupe politico-militaire AFC/M23 et de leurs alliés. Ce que le convoi a pu apporter, c'est essentiellement du médical.

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Un désert médical des deux côtés du front

Des deux côtés, la réalité est la même : un désert médical, des blessés sans prise en charge suffisante, des communautés coupées de tout approvisionnement depuis plusieurs mois.

Est-ce que ça change quelque chose durablement ? La prudence s'impose. Et les faits sur le terrain le rappellent brutalement : cette trêve est restée fragile. Des frappes de drones ont en effet été enregistrées vendredi et samedi, notamment à Rugezi.

Cette trêve a été obtenue au terme de mois de négociations discrètes avec les porteurs d'armes. Que les lignes bougent vraiment, que cet accès reste ouvert, rien n'est garanti. Mais qu'on ait pu convaincre des belligérants de suspendre les combats pour laisser passer un convoi, dans l'une des zones les plus fermées de ce conflit, reste un signal fort, dans un contexte où chaque avancée se négocie au cas par cas, explique un diplomate joint par RFI.

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