Madagascar: L'ambassadeur de l'UE défend le rôle de l'Europe dans un pays qui se rapproche de la Russie

À Madagascar, les célébrations de la semaine de l'Europe qui démarrent ce 5 mai sont l'occasion pour l'Union européenne de rappeler son rôle sur la Grande Île et son statut de plus grand bailleur du pays. Dans un contexte particulièrement tendu - arrestations de jeunes militants de la Gen Z, rapprochement avec Moscou sur les élections - l'ambassadeur de l'Union européenne a défendu le rôle des partenaires démocratiques et a appelé au respect de l'État de droit.

Madagascar se rapproche de la Russie. Mi-avril, le président de la Commission électorale malgache (Céni) s'est rendu à Moscou pour explorer une coopération sur la transmission des résultats électoraux.

Une démarche qui inquiète ONG et société civile, dans un pays où des tentatives d'ingérence russes ont déjà été documentées lors de la présidentielle de 2018.

Face aux journalistes, l'ambassadeur Roland Kobia a choisi la diplomatie des chiffres plutôt que la confrontation : « Madagascar a entièrement le droit de choisir et de diversifier ses partenaires. Après, il faut se rappeler certains fondamentaux : 90 % de l'aide qui est donnée à Madagascar, des investissements et du commerce, viennent des pays démocratiques. »

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

« Pas là pour participer à un concours de beauté »

Une manière de rappeler le poids de l'Union européenne, premier bailleur du pays, face à une Russie qu'il décrit, sans la nommer frontalement, comme un contre-modèle : « Nous travaillons dans le domaine de la santé, de l'éducation, du développement rural, des secteurs sociaux essentiels. Notre coopération ne se limite à un ou deux secteurs qui pourraient être dans l'intérêt d'un pays qui arriverait plus récemment. Sur les élections, je ne suis pas ici pour participer à un concours de beauté : je pense que les pays démocratiques sont peut-être plus spécialisés que d'autres dans les élections équitables. »

Autre sujet sensible : les arrestations de jeunes de la Gen Z, ce mouvement qui avait pourtant contribué à l'arrivée au pouvoir du colonel Randrianirina fin 2025. Depuis avril, plusieurs militants ont été interpellés pour « atteinte à la sûreté de l'État », après des manifestations pacifiques.

« Nous avons été les seuls, avec nos amis démocratiques, à faire deux communiqués publics où nous appelions durant les événements [en septembre dernier, NDLR] les autorités à protéger la jeunesse et à entamer le dialogue. On n'a pas entendu beaucoup d'autres pays dont on parle aujourd'hui [s'exprimer sur le sujet, NDLR]. Nous espérons qu'il y aura une solution heureuse qui sera trouvée à tous ces jeunes qui ont été arrêtés ou qui sont toujours en détention. La jeunesse de Madagascar doit être écoutée et prise en compte », a conclu Roland Kobia.

Un avertissement en demi-teinte, à l'heure où la Grande Île semble naviguer entre deux modèles.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.