Les relations entre Khartoum et Addis Abeba sont à couteaux tirés depuis quelques mois, à mesure que l'implication de l'Éthiopie dans le conflit au Soudan se confirme. Après le rappel de l'ambassadeur soudanais en Éthiopie, en raison d'attaques de drones visant l'aéroport de Khartoum, les autorités éthiopiennes accusent le Soudan de soutenir les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré.
L'entente cordiale a explosé en mars dernier, lorsque Khartoum a pour la première fois fait état d'attaques de drones « en provenance du territoire éthiopien ». Une enquête de l'agence de presse Reuters, qui a révélé la présence d'une base militaire secrète des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) dans la ville éthiopienne d'Asosa, frontalière avec le Soudan, a également mis le feu aux poudres.
Pour Federico Donelli, professeur de relations internationales à l'université de Trieste, ces récentes tensions ne font que « creuser le fossé existant depuis 2020 » entre les deux États. Cette année-là, l'armée soudanaise a profité de la guerre au Tigré pour se déployer sur le territoire contesté d'el-Fashaga, situé à la frontière entre les deux pays.
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Depuis cette période aussi, l'Éthiopie accuse le Soudan de soutenir le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) en lui fournissant des armes. Des griefs qui s'appuient notamment sur la participation de combattants tigréens à la reconquête de Khartoum par l'armée, en mars 2025. Selon un communiqué publié lundi 4 mai par le ministère éthiopien des Affaires étrangères, « de nombreuses preuves crédibles démontrent que le Soudan sert de hub à diverses forces anti-éthiopiennes ».