Afrique: G7 d'Évian - Le continent sera le grand champ de bataille diplomatique de Macron

Dette, minerais critiques, sécurité sahélienne, corridors logistiques et rivalité avec la Chine : derrière le sommet du G7 prévu à Évian-les-Bains, du 15 au 17 juin, Paris tente de redéfinir son influence sur l'Afrique, un continent en pleine recomposition.

Vingt-trois ans après le G8 de 2003, Évian-les-Bains, en France, accueillera de nouveau les grandes puissances du 15 au 17 juin. Officiellement, l'agenda porte sur la sécurité énergétique, les chaînes d'approvisionnement, l'intelligence artificielle ainsi que les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine. Officieusement, l'Afrique s'impose comme l'un des dossiers les plus explosifs du sommet.

Premier enjeu : les minerais critiques. La présidence française a déjà organisé, le 20 avril dernier, un dialogue inédit entre le G7, les banques multilatérales et plusieurs partenaires africains sur le cobalt, le lithium, le manganèse et le graphite, ressources indispensables à la transition énergétique mondiale. La République démocratique du Congo produit à elle seule près de 70 % du cobalt mondial, tandis que la Guinée détient certaines des plus grandes réserves mondiales de bauxite.

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Deuxième bataille : la dette. Selon la Banque mondiale, la dette extérieure de l'Afrique dépasse désormais 1 100 milliards de dollars, pendant que plusieurs pays se consacrent davantage au service de la dette qu'à la santé ou à l'éducation. Paris pousse pour un nouveau mécanisme de restructuration impliquant la Chine, devenue le premier créancier bilatéral du continent.

Troisième front : la sécurité sahélienne. Après les ruptures militaires avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, Paris tente de reconstruire une stratégie régionale. L'invitation adressée au président kényan, William Ruto - au détriment de Cyril Ramaphosa selon plusieurs fuites diplomatiques, illustre ce repositionnement sensible. Le choix du Kenya n'est pas anodin : il est devenu un hub diplomatique, technologique et militaire clé dans la Corne de l'Afrique.

Quatrième enjeu : les corridors commerciaux. Face aux tensions en mer Rouge et au Sahel, les ports africains deviennent stratégiques. De Lomé à Djibouti, les infrastructures logistiques africaines attirent désormais les convoitises occidentales, chinoises, turques et du Golfe. Selon un diplomate africain basé à Bruxelles, « Le G7 parle désormais de l'Afrique non plus comme une zone d'aide, mais comme une zone de compétition stratégique mondiale ». En 2025, les échanges commerciaux entre l'Afrique et la Chine ont dépassé 295 milliards de dollars, contre environ 65 milliards avec la France. À Évian, la vraie question sera donc simple : le G7 peut-il encore proposer une alternative crédible sur un continent qui diversifie rapidement ses alliances ?

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