Tunisie: Vient de paraître/Le pays - Miroir d'une Méditerranée plurielle

Loin d'être un simple catalogue historique, l'œuvre de Bourougâaoui, publiée en italien chez « Éditions Arabesques », se lit comme une « médiation culturelle». L'autrice y explore les strates d'une identité tunisienne façonnée par des millénaires de rencontres. Dans la préface, la journaliste Francesca Spinola décrit ce récit comme un « acte d'amour», une quête de sens à travers les époques qui ont vu se succéder Carthaginois, Romains, Arabes et Européens.

Par-delà les frontières géographiques, la Tunisie s'affirme comme un sanctuaire de la mémoire collective méditerranéenne. À l'occasion de la 40e Foire internationale du livre de Tunis, l'ouvrage de Soumaya Bourougâaoui, «La Tunisie, carrefour de peuples, de cultures et de religions entre passé et présent», vient rappeler que la diversité n'est pas un vestige archéologique, mais l'ADN même de cette terre.

Loin d'être un simple catalogue historique, l'oeuvre de Bourougâaoui, publiée en italien chez «Éditions Arabesques», se lit comme une «médiation culturelle». L'autrice y explore les strates d'une identité tunisienne façonnée par des millénaires de rencontres. Dans la préface, la journaliste Francesca Spinola décrit ce récit comme un «acte d'amour», une quête de sens à travers les époques qui ont vu se succéder Carthaginois, Romains, Arabes et Européens.

Le livre nous transporte entre deux figures tutélaires qui incarnent les visages de la Tunisie :

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Hannibal Barca, le stratège légendaire, symbole de la puissance et de la résilience de Carthage et Sidi Mehrez, le saint patron de la Médina de Tunis, dont, la figure reste indissociable de la protection des minorités, rappelant une tradition séculaire de tolérance religieuse et de coexistence urbaine.

L'un des points forts de l'ouvrage réside dans l'analyse du lien indéfectible entre la Tunisie et l'Italie, particulièrement la Sicile. Bourougâaoui ne traite pas ce sujet comme une simple anecdote migratoire, mais comme un axe central de la continuité méditerranéenne.

Elle nous rappelle que, bien avant les flux contemporains, le Maghreb était une terre d'accueil pour les Italiens : libéraux, carbonari et ouvriers en quête de liberté ou de travail. Cette influence est encore visible dans l'architecture, de l'autre côté du détroit (comme au Château de Maredolce à Palerme), et dans le langage, avec des traces persistantes du siculo-tunisien, langue parlée par la communauté sicilienne de Tunisie.

Le récit rend un hommage vibrant à la communauté sicilienne et le symbole le plus frappant reste celui de la Madone de Trapani à La Goulette, une procession où catholiques, juifs et musulmans se rejoignaient dans un même élan de dévotion populaire. De Djerba à El Kef, de Sfax à Tunis, le livre dessine une carte de la pluralité où l'église africaine, l'islam et le judaïsme cohabitent dans une «cohabitation culturelle» durable.

En refermant ce volume, on comprend que la Tunisie post-révolutionnaire, malgré ses défis, reste le dépositaire d'un modèle de civilisation unique. L'ouvrage de Soumaya Bourougâaoui nous invite à ne pas oublier que le dialogue des cultures n'est pas un idéal lointain, mais une réalité historique gravée dans la pierre et le coeur des Tunisiens.

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