Sénégal: Des options stratégiques mises en exergue pour renforcer la viabilité des IMF

Dakar — Le président de l'Association professionnelle des institutions de microfinance du Sénégal (APIM), Mamadou Cissé, a mis en exergue, mardi, à Dakar, les trois options stratégiques issues d'une étude sur les opportunités de réseautage des institutions de microfinance (IMF), lesquelles visent à renforcer la viabilité et la résilience du secteur.

"Cette étude propose trois scénarios principaux : le regroupement autour d'un réseau existant, la création d'un nouveau réseau par des institutions de petite taille et la fusion-absorption de certaines IMF par des structures plus solides, avec leur transformation en agences ou guichets", a-t-il indiqué. Il s'exprimait lors d'un atelier consacré à la présentation des résultats de cette étude, réalisée auprès d'une trentaine d'institutions à travers le pays et portant sur les dimensions réglementaires, institutionnelles, financières et humaines du réseautage.

M. Cissé a salué la qualité du travail des consultants, estimant que leurs approches, "pragmatiques et adaptées", constituent des leviers pour assurer la continuité du service, préserver les emplois et renforcer l'inclusion financière. Il a réaffirmé l'engagement de l'association qu'il dirige à accompagner ce processus, notamment à travers le plaidoyer, l'appui institutionnel et la facilitation du dialogue entre acteurs.

Dans ce cadre, l'association entend poursuivre ses démarches auprès des autorités, dont la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, pour accélérer la publication des textes relatifs au capital social minimal, au profil des dirigeants et aux modalités d'immatriculation des sociétés coopératives financières.

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Sur le plan opérationnel, il a rappelé que l'association professionnelle des institutions de microfinance du Sénégal a déjà contribué à l'élaboration d'un guide de transformation des systèmes financiers décentralisés en sociétés coopératives, et compte renforcer ses actions de formation, de webinaires et d'accompagnement personnalisé. Concernant le réseautage, l'association ambitionne de jouer un rôle de médiateur neutre dans les négociations entre institutions, notamment pour la structuration de la gouvernance des nouvelles entités et la mobilisation de partenariats techniques et financiers.

M. Cissé a toutefois souligné que la réussite de ces initiatives dépendra de l'engagement des acteurs. Il a appelé les IMF à faire preuve de volonté, de transparence et d'ouverture au changement, tout en invitant les autorités à accélérer les clarifications réglementaires. Il a rappelé que le Sénégal demeure leader dans l'espace UMOA en nombre d'institutions de microfinance, une position qui doit être consolidée par une mise en conformité réussie.

L'UMOA, l'Union monétaire ouest africaine, regroupe huit pays d'Afrique de l'Ouest partageant le franc CFA, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. "Le réseautage n'est pas une fin en soi, mais un moyen de bâtir des institutions plus solides, capables de mieux servir les populations et de résister aux chocs économiques", a-t-il soutenu. Estimant que cet atelier "marque un tournant" pour le secteur, il a invité les acteurs à adopter une démarche collective et proactive, soulignant que "l'avenir de milliers de familles sénégalaises dépend des choix stratégiques faits aujourd'hui".

De son côté, Amart Seck, représentant du ministère des Finances et du Budget, a mis en avant l'importance de cette étude comme outil d'aide à la décision, dans un contexte de réforme marqué par l'adoption d'une nouvelle loi en 2025. Il a relevé que, malgré le dépassement du délai initial de mise en conformité, le processus se poursuit, notamment dans l'attente des textes d'application.

M. Seck a insisté sur le rôle du réseautage comme solution d'adaptation, en particulier pour les petites institutions, appelant à davantage d'ouverture, de coopération et de dépassement des logiques d'isolement. Il a assuré de l'accompagnement continu de l'État pour faciliter la transition et garantir la continuité des services au bénéfice des populations.

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