Ile Maurice: Violence basée sur le genre - Des lois, des mots... et encore trop de maux

La question de la violence basée sur le genre a fait l'objet d'une conférence-débat organisée le lundi 4 mai dans les locaux de l'Institut Cardinal Jean Margéot, à Rose-Hill, réunissant plusieurs acteurs engagés autour du thème gender-based violence : loi - plaidoyer - action - prévention. L'événement a notamment réuni Me Aleeyah Lallmahomed, avocate et secrétaire du conseil des religions, Shyaneta Lauluck, Family Welfare and Protection Officer au ministère de l'Égalité des genres et du bien-être de la famille, Prisheela Mottee, fondatrice et présidente de l'organisation non gouvernementale Raise Brave Girls, ainsi qu'Anushka Virahsawmy, directrice de Gender Links et activiste pour l'égalité des genres.

Pendant plus de quatre heures, les échanges ont permis d'aborder l'ampleur du phénomène à Maurice, ses différentes formes, ainsi que les limites du cadre légal et des dispositifs de protection existants. D'emblée, les intervenants ont rappelé que la violence basée sur le genre concerne de manière disproportionnée les femmes et les filles, mais touche l'ensemble de la société, y compris les hommes et les enfants.

Selon les estimations évoquées, entre un quart et un tiers des femmes seraient victimes de violences domestiques. Celles-ci ne se limitent pas aux agressions physiques, mais prennent aussi des formes verbales, psychologiques et socio-économiques. La violence en ligne apparaît également comme une problématique de plus en plus préoccupante.

Concernant le cadre juridique, la Protection from Domestic Violence Act a été présentée comme un outil essentiel de protection. Toutefois, plusieurs limites ont été relevées. Le texte ne prend pas en compte de manière explicite le viol conjugal ni la violence économique. De plus, son application reste limitée aux personnes vivant sous le même toit. Dans la pratique, les ordonnances de protection, telles que les Occupation Orders et les Tenancy orders, sont rarement accordées, ce qui réduit leur efficacité.

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Au-delà du cadre légal, les discussions ont révélé des failles structurelles. Les données disponibles sont jugées peu fiables en raison de méthodes de collecte inadaptées, ce qui complique la mise en place de politiques publiques efficaces. Les Protection Orders sont également considérées comme insuffisantes pour garantir la sécurité des victimes. Certains intervenants ont ainsi plaidé pour l'introduction de dispositifs tels que les bracelets électroniques anti-rapprochement. Ils ont aussi insisté sur la nécessité de rapprocher les services de soutien des réalités quotidiennes des victimes et de renforcer les campagnes de sensibilisation, notamment via les réseaux sociaux.

Enfin, les échanges ont souligné le poids persistant d'une société patriarcale, où les rapports de pouvoir entre hommes et femmes restent déséquilibrés. Dans ce contexte, les lois actuelles peinent encore à répondre pleinement aux réalités vécues par les victimes.

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