Cameroun: Socadel - Le pays installe enfin l'équipe qui doit sauver son électricité

Le 5 mai 2026, à Yaoundé, le ministre de l'Eau et de l'Énergie Gaston Eloundou Essomba a officiellement installé la première équipe dirigeante de la Société Camerounaise d'Électricité. Un acte fondateur pour une institution appelée à remodeler la gouvernance énergétique du pays.

Un ministre, un décret, une rupture

La cérémonie d'installation marque une étape décisive. La SOCADEL entre dans une phase opérationnelle avec trois profils complémentaires à sa tête. Ce n'est pas un simple changement d'organigramme. C'est la traduction institutionnelle d'une ambition nationale : reprendre la main sur un secteur électrique fragilisé par des décennies de déficits structurels.

Le Cameroun consomme une énergie qu'il peine à produire de manière fiable. Les délestages récurrents pèsent sur les ménages, freinent l'industrie, dissuadent les investisseurs. Face à cette réalité, Yaoundé a choisi de nommer des techniciens aguerris plutôt que des figures purement politiques.

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Ntsimi : l'autorité macroéconomique au sommet

À la présidence du Conseil d'Administration, Antoine Ntsimi incarne la crédibilité institutionnelle. Ancien ministre des Finances, ancien président de la Commission de la CEMAC, il maîtrise les équilibres budgétaires régionaux et les dynamiques de réforme à grande échelle.

Son profil répond à une exigence précise : crédibiliser la SOCADEL auprès des bailleurs internationaux et des partenaires stratégiques. Dans un secteur qui requiert des financements massifs, la stature de Ntsimi constitue un atout diplomatique et financier de premier ordre.

Hamandjoda : vingt-cinq ans de terrain en première ligne

À la direction générale, Oumarou Hamandjoda apporte ce que les organigrammes ne fabriquent pas : l'expérience accumulée. Ingénieur des centrales hydroélectriques, Maître de Conférences à l'École Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé, il a exercé comme Directeur Général Adjoint d'ENEO.

Plus de vingt-cinq années passées dans le secteur de l'énergie camerounais lui confèrent une compréhension précise des contraintes de production, des goulots de distribution et des réalités du réseau. Son passage entre le monde académique et l'industrie en fait un décideur capable d'articuler diagnostic et action.

Ekobena : la mémoire vivante du système électrique

À ses côtés, Basile Ekobena complète le dispositif. Économiste senior de l'énergie, il a traversé trois décennies au sein de la SONEL, d'AES SONEL, puis d'ENEO. Il a vécu toutes les mutations du secteur électrique camerounais depuis ses fondations jusqu'à ses recompositions récentes.

Sa maîtrise des mécanismes régulatoires et sa connaissance intime du système tarifaire font de lui le garant d'une continuité technique indispensable. Trois décennies d'expertise ne s'improvisent pas.

Ce que ce trio change concrètement

L'équipe dirigeante de la SOCADEL repose sur un triptyque délibéré : vision macroéconomique, ingénierie opérationnelle, expertise régulatoire. Chaque profil couvre un angle mort que les autres ne peuvent combler seuls.

À court terme, dans les six à douze prochains mois, la priorité sera d'établir une feuille de route crédible, de sécuriser des financements et de poser les bases d'une gouvernance transparente. À moyen terme, sur trois à cinq ans, l'enjeu est plus structurant : réduire les pertes en ligne, diversifier le mix énergétique, attirer les investisseurs privés dans un cadre réglementaire stable.

Le Cameroun dispose d'un potentiel hydroélectrique considérable, estimé parmi les plus importants d'Afrique subsaharienne. L'exploiter efficacement suppose une institution capable de planifier, négocier et exécuter. La gouvernance du secteur électrique camerounais repose désormais sur cette équipe.

Et maintenant ?

L'installation de l'équipe dirigeante de la SOCADEL ouvre une séquence d'observation critique. Les premières décisions opérationnelles diront si ce trio de techniciens confirmés peut transformer l'ambition en résultats mesurables.

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