Le coordonnateur humanitaire en République démocratique du Congo (RDC), Bruno Lemarquis, tire la sonnette d'alarme sur la dégradation de la situation dans l'Est du pays.
Arrivé à Beni (Nord-Kivu), ce mardi 5 mai après une mission en Ituri, il dénonce une crise sous-financée malgré des besoins de protection et d'assistance de plus en plus pressants.
Un manque de moyens face à des millions de déplacés
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Selon ce responsable de l'ONU, la RDC compte actuellement entre 6 et 7 millions de personnes déplacées internes. Le Nord-Kivu reste l'épicentre de ces mouvements de population, causés par l'activisme des groupes armés.
Bruno Lemarquis déplore que les moyens financiers ne soient plus à la hauteur des enjeux : Les budgets humanitaires subissent d'importantes coupes depuis douze mois ; La crise congolaise est progressivement éclipsée par d'autres conflits mondiaux ; Les problèmes de protection touchent en priorité les femmes et les jeunes filles.
Focus sur la crise en Ituri
Avant son arrivée à Beni, le coordonnateur humanitaire a séjourné deux jours à Bunia, en Ituri. Il affirme que bien que certaines zones retrouvent une certaine stabilité, des « points chauds » comme le territoire de Djugu restent préoccupants.
L'exemple du site de déplacés de Bule, dans la Plaine Savo, illustre cette complexité. Initialement prévu pour 21 000 personnes, le site en accueille désormais 73 000 à la suite des affrontements entre le groupe armé CRP et l'armée congolaise. Les déplacés de plusieurs petits camps se sont rassemblés dans ce site unique pour chercher une sécurité précaire.
Un appel à la solidarité internationale
Face à ces cycles de violences et aux déplacements multiples, le coordonnateur humanitaire appelle à « ne pas oublier la RDC ».
Il insiste sur la nécessité de mobiliser des ressources proportionnelles à l'ampleur des besoins pour éviter une catastrophe humaine majeure dans la région.