Sénégal: Le 'manque de maturité' de l'écosystème, une entrave aux ambitions de souveraineté pharmaceutique, selon Amadou Alpha Sall

 Le virologue sénégalais Amadou Alpha Sall, spécialiste des arboviroses, estime que l'atteinte de la souveraineté pharmaceutique en Afrique nécessite une meilleure coordination des efforts entrepris dans ce domaine, un financement adapté et un accès accru aux technologies, au regard du manque de maturité des écosystèmes nationaux et régionaux.

Dans un entretien accordé à l'APS, en marge de la première édition du Salon international du futur de la santé en Afrique GITEX Future Health Africa, qui se tient du 4 au 6 mai à Casablanca, au Maroc, le virologue a fait savoir que le problème de la souveraineté pharmaceutique restera entier en Afrique "tant qu'on n'aura pas cette maturité au niveau de l'écosystème, que ce soit au niveau national ou régional [...]".

L'ancien directeur de l'Institut Pasteur de Dakar (IPD) souligne que même dans le cas où les agences nationales de réglementation sont au niveau requis par les standards de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), "souvent il n'y a pas de capacité de production, ou alors le système d'approvisionnement n'est pas au bon niveau".

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Il a insisté sur l'importance du rôle que les plateformes de dialogue et rencontres sectorielles dans l'atteinte des objectifs fixés, à l'image du GITEX Future Health Africa, qui permet, dit-il, de rapprocher les différents acteurs et de favoriser la concertation autour des enjeux communs.

De telles rencontres permettent aux acteurs concernés de se retrouver et de créer "un mécanisme de discussion et de consultation pour bâtir une coordination", a-t-il déclaré.

A son avis, il s'agit d'un premier pas pour donner corps à l'ambition de coordonner les actions au niveau régional, en faisant observer que Salon international du futur de la santé en Afrique regroupe différents mondes qui "se parlent, de manière à résoudre ces questions, à y réfléchir et à créer des collaborations".

Il a aussi évoqué un volet important de la question qui concerne le financement de l'écosystème pharmaceutique et sanitaire africain. "Quand on parle de financement, on a besoin, dans ce secteur, d'avoir des ressources qui sont différentes. Parfois on va avoir besoin de subventions gratuites, de fonds concessionnaires, de l'implication du secteur privé et du secteur public, à travers des partenariats", a dit Amadou Lamine Sall.

Il a insisté sur ce point, appelant à mobiliser des ressources diversifiées, incluant subventions, financements concessionnels et partenariats public-privé, afin de soutenir durablement le développement du secteur pharmaceutique.

"La troisième chose qui est extrêmement importante, quand on réfléchit à ces différents éléments-là, [c'est qu'au-delà] du financement et de la maturité de l'écosystème, on a une autre question qui est importante, c'est celle de l'accès à la technologie", a poursuivi le virologue.

À court et moyen terme, le chercheur a souligné la nécessité d'impliquer davantage les pays du Sud dans la gouvernance mondiale de la santé, de mobiliser des financements pour les prochaines phases stratégiques et de mieux faire connaître les initiatives en question sur le continent.

Il a par ailleurs réaffirmé que la construction d'une véritable souveraineté sanitaire en Afrique passe par une action collective intégrant renforcement des capacités locales, innovation technologique et coopération internationale.

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