Mamadou Farba Sy, l'adjoint au préfet de Mbour a exhorté les populations, notamment les jeunes, à tourner le dos aux pirogues de la mort et à s'engager pour la préservation du patrimoine. La mairesse de Joal-Fadiouth, Aissatou Sophie Gladima, annonce un programme d'activités étalé sur toute l'année 2026.
Joal-Fadiouth fête ses 60 ans tout au long de l'année. C'est la précision apportée par la maire, Aissatou Sophie Gladima, lors du lancement officiel des activités commémoratives, le week-end dernier. Une mise au point nécessaire alors que certains croyaient à une unique cérémonie. En réalité, les festivités ont démarré en février et s'achèveront en décembre, ponctuées de temps forts : 2 février (Aire Marine Protégée), mars (mois des droits des femmes), 4 avril (Indépendance), août, novembre (Francophonie) et décembre, mois particulièrement symbolique, car lié au baptême de Léopold Sédar Senghor à Joal, le 26 août 1906.
Devant les chefs de service, religieux, élus et population, l'adjoint au préfet du département de Mbour a salué une institution née le 1ᵉʳ février 1966. « Loin d'une simple délimitation administrative, c'est un acte fondateur de la conscience citoyenne », a-t-il lancé. Il a loué le « vivre-ensemble » qui dépasse la cohabitation pour devenir le ciment de la stabilité de la commune et du Sénégal.
Mais l'heure n'est pas seulement à la célébration. Le représentant de l'État a dressé un tableau lucide des épreuves : érosion côtière, émigration clandestine, insalubrité, inondations. « Ces défis ont mis à l'épreuve notre résilience, mais nous devons tourner notre regard vers l'avenir », a-t-il martelé, appelant à une « mobilisation générale » pour protéger le patrimoine, assainir le cadre de vie, sécuriser les terres et garantir l'accès à l'eau.
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S'adressant particulièrement à la jeunesse, il les a invitées à devenir « les sentinelles de ce centenaire ». Face à l'appel des sirènes de « Barca ou Barsaax ». La route mortelle vers l'Espagne -, il a exhorté les jeunes à ne pas céder à l'odyssée macabre. « Une cité se mesure à la hauteur de son engagement citoyen, non à celle de ses édifices. Faisons de Joal-Fadiouth un lieu où l'ambition mène à l'espoir sans quitter la terre natale », a-t-il plaidé.
Concernant les projets, la mairesse Aissatou Sophie Gladima annonce la relance du Centre de Lecture et d'Animation Culturelle (Clac) sur un site plus vaste, l'ancien bâtiment étant préservé comme patrimoine historique. Autre chantier : la modernisation du stade municipal, dont les travaux ont commencé. En attendant, les habitants continuent d'utiliser la plage à marée basse pour le foot et la lutte.
« Toute contribution est la bienvenue pour soutenir le développement de Joal-Fadiouth », a conclu Mme le Maire, alors que la commune s'affirme comme un modèle de paix et de progrès partagé.