Madagascar: Tsimbazaza - L'Assemblée nationale met la pression sur le gouvernement

La première session ordinaire du Parlement s'est ouverte hier au Palais de Tsimbazaza, dans un climat marqué par de fortes attentes.

Conduite par le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, la délégation gouvernementale a assisté à la cérémonie d'ouverture. Le discours du président de l'Assemblée nationale a adopté un ton ferme, traduisant une pression accrue du pouvoir législatif sur l'Exécutif. La session sera notamment consacrée à l'examen du projet de loi de finances rectificative (PLFR), ainsi qu'à des échanges entre ministres et députés.

Dès l'ouverture, Siteny Randrianasoloniaiko a rappelé le rôle de contrôle du Parlement. « Le peuple malgache veut des résultats concrets », a-t-il déclaré, dénonçant les retards dans la mise en oeuvre de projets financés par des partenaires techniques et financiers, pourtant déjà approuvés. Il a également pointé la non-application de plusieurs lois adoptées depuis des années.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Le président de l'Assemblée nationale a exhorté le gouvernement à accélérer l'exécution des projets et des textes votés. Il a annoncé la création de sept commissions d'enquête parlementaires chargées d'examiner plusieurs dossiers sensibles, notamment la gestion de la Jirama, celle d'Air Madagascar, le projet minier Ambatovy, ainsi que des questions liées à la gouvernance sous l'ancien régime.

La question de la décentralisation a également été mise en avant. Siteny Randrianasoloniaiko a souligné les retards accumulés, notamment l'absence d'élection des chefs de région depuis plus de vingt ans. Il a estimé que la session ne devrait pas se clore sans l'adoption d'une nouvelle loi en la matière. Face à ces interpellations, les membres du gouvernement, dont le Premier ministre, ne se sont pas exprimés. Ils ont quitté les lieux à l'issue de la cérémonie sans déclaration. Dans l'après-midi, le bureau permanent de l'Assemblée nationale s'est réuni pour examiner le premier point à l'ordre du jour. Une séance plénière est prévue ce jour pour son adoption.

Rapport de force incertain

Contrairement à la précédente session extraordinaire, l'hémicycle de Tsimbazaza a affiché une forte affluence. Plusieurs députés affiliés à l'ancien régime, notamment issus de la plateforme Irmar, étaient présents, parmi lesquels Jean de Dieu Maharante, Andry Ratsivahiny, Désiré Rafidimanana et Lanto Rakotomanga, député du deuxième arrondissement d'Antananarivo, de retour après une longue absence consécutive à la chute de l'ancien pouvoir.

Malgré cette mobilisation, le rapport de force au sein de la Chambre basse demeure incertain. Aucun député ne s'est, à ce stade, clairement exprimé sur les équilibres politiques susceptibles de se dessiner au cours de cette session, laissant planer une incertitude sur les dynamiques entre majorité et opposition.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.