L'angoisse monte chez les employés de trois usines appartenant à un même groupe. Au total, 320 Mauriciens et 160 travailleurs étrangers vivent dans l'incertitude, alors que des rumeurs de fermeture liée à un manque de fonds circulent. Les salaires du mois d'avril ont été partiellement versés hier à ceux disposant d'un compte à la MCB. Les autres employés devraient être payés d'ici le 8 mai. La situation n'est pas sans précédent. En mars, l'intervention du ministre du Travail, Reza Uteem, avait déjà été sollicitée pour débloquer les paiements dus aux employés.
Mais selon le syndicaliste Fayzal Ally Beegun, le problème refait surface. Contacté par plusieurs travailleurs, dont certains non syndiqués, il évoque une crise financière importante au sein du groupe. «Des employés m'ont sollicité pour obtenir de l'aide. Ils m'ont expliqué qu'il y a un problème de fonds, avec un besoin d'injection de plusieurs centaines de millions de roupies pour assurer le fonctionnement de la compagnie. Il est aussi question d'un financement bancaire. Sans cela, les usines pourraient être placées sous receivership», explique-t-il.
Selon ses informations, les salaires en attente s'élèveraient à environ Rs 5 millions, incluant le personnel et les cadres. Sur le terrain, la crainte est réelle. «Les employés ont peur que l'entreprise ferme et qu'ils se retrouvent sans emploi ni compensation», souligne le syndicaliste. Une inquiétude renforcée par des précédents, notamment les dossiers Star Knitwear et PADCO, où les procédures ont été longues et difficiles.
Au-delà de la survie des entreprises, c'est le quotidien de centaines de familles qui est en jeu. «Plusieurs travailleurs ont des dettes ou doivent assumer les frais liés à l'éducation de leurs enfants. Ceux âgés de plus de 55 ans craignent de ne pas retrouver d'emploi», ajoute-t-il. Fayzal Ally Beegun lance ainsi un appel aux autorités pour intervenir rapidement. «Sauver ces emplois, c'est préserver environ 500 familles», insiste-t-il.
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La situation concerne également les travailleurs étrangers, dont certains pourraient envisager de quitter leur dortoir pour chercher un emploi ailleurs, malgré les contraintes légales. «Ils veulent continuer à subvenir aux besoins de leurs familles restées dans leur pays d'origine», précise le syndicaliste.
Du côté du ministère du Travail, le dossier est suivi de près. Des discussions ont eu lieu en avril, notamment après le paiement partiel du mois de mars. Les employés doivent percevoir l'équivalent d'un mois et demi de salaire. À hier, ceux disposant d'un compte à la MCB avaient déjà été payés, tandis que les autres devraient l'être d'ici le 8 mai. Dans un climat d'attente et d'incertitude, tous les regards restent tournés vers les prochaines décisions, dans l'espoir d'un dénouement rapide.