Cameroun: Cavaye yeguie djibril est mort - L'ancien président du parlement camerounais s'éteint à 84 ans

Cavaye Yeguie Djibril, ancien président de l'Assemblée nationale du Cameroun, est mort ce mercredi 6 mai 2026 à Tokombéré. Il était midi. Il avait 84 ans. Celui qui avait présidé le parlement camerounais plus longtemps que tout autre parlementaire africain disparaît dans sa circonscription natale.

Un homme, une circonscription, une époque

Cavaye Yeguie Djibril est né le 2 juillet 1940. Il a dirigé l'Assemblée nationale camerounaise de 1992 jusqu'en mars 2026, date à laquelle il a été remplacé. Ce mandat de trente-quatre ans constitue un record absolu sur le continent africain. Tokombéré ville du département du Mayo-Sava, dans l'Extrême-Nord du Cameroun depuis 1997, il y revenait régulièrement. C'est dans cette ville qu'il s'est éteint, à quelques semaines seulement de son départ de la tête du parlement.

La cause officielle du décès n'a pas été communiquée par la famille ni par la présidence. Des proches évoquent une longue maladie sans en préciser la nature.

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Pourquoi ce décès dépasse Tokombéré

Cavaye Yeguie Djibril n'était plus en fonction depuis mars 2026. Mais son départ de la présidence de l'Assemblée, puis sa mort deux mois plus tard, referment ensemble une séquence historique. Pendant plus de trois décennies, il a incarné la stabilité et l'immobilisme du système politique camerounais. Sa longévité institutionnelle reposait sur trois piliers : une maîtrise technique du règlement intérieur de l'Assemblée, une loyauté indéfectible envers le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, et un contrôle étroit des équilibres budgétaires entre groupes parlementaires.

Ces leviers faisaient de lui une figure de pouvoir réel, bien au-delà de sa fonction protocolaire. Sa disparition physique clôt définitivement cette ère.

La transition déjà amorcée, le symbole qui demeure

Le remplacement de Cavaye Yeguie Djibril à la présidence du parlement camerounais en mars 2026 avait déjà enclenché une transition institutionnelle. Son successeur hérite d'une chambre dont les équilibres internes restent à redessiner. La mort du patriarche supprime le dernier filet de continuité symbolique avec l'ancienne génération dirigeante du RDPC, le parti au pouvoir.

La transition générationnelle au sein du parti était déjà visible avant son décès. Elle s'accélère désormais. Les jeunes cadres nés après 1980 disposent d'un espace politique inédit. La question n'est plus de savoir si cette génération va s'imposer, mais à quelle vitesse.

La fin d'un système, l'ouverture d'une question

Cavaye Yeguie Djibril emporte avec lui la mémoire de sept législatures et d'un style de gouvernance parlementaire fondé sur la durée et le contrôle. Son départ de la présidence en mars 2026, puis sa mort en mai, forment une double rupture. Le parlement camerounais peut-il se réinventer sans les hommes qui l'ont façonné ? La réponse se construit maintenant, à Yaoundé, loin de Tokombéré.

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