Lors de son café politique animé le 18 avril 2026, à Marcory, Charles Blé Goudé, président du Cojep a passé un message d'une paix durable
A écouter bout en bout son intervention, devant ce parterre d'invités, son discours vise principalement à faire comprendre une démarche politique et morale fondée sur la paix, le dialogue inclusif et l'unité nationale. Charles Blé Goudé cherche à s'adresser à l'ensemble du peuple ivoirien, sans distinction d'ethnie ni de religion, afin d'expliquer le sens de son engagement et de sa philosophie.
L'intention n'est pas seulement de convaincre, mais de clarifier une vision, parfois perçue comme controversée, et de justifier cette vision par l'histoire, l'expérience personnelle et des références internationales.
Son discours a été construit autour de trois axes majeurs. Le politique met évidence une distinction conceptuelle entre deux types de paix. Le président du Cojep révèle une légitimation personnelle et historique de la philosophie défendue et une prise de position claire contre toute domination identitaire ou religieuse. Et à l'écouter, ses idées s'enchaînent de manière progressive, allant de la théorie à l'illustration concrète.
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La distinction entre les deux formes de paix
Le conceptuel de son discours repose sur l'opposition entre la paix de domination, qui selon lui, est une paix décrite comme apparente et fragile. Elle se caractérise par le silence forcé des populations, la confusion entre soumission et acceptation, et la peur comme facteur de stabilité.
Charles Blé Goudé souligne que cette paix est trompeuse, car elle repose sur un déséquilibre des forces. Dès que ce déséquilibre disparaît, le conflit devient inévitable. Cette analyse présente la domination non pas comme une solution durable, mais comme un report du conflit.
La seconde paix, celle de satisfaction, à l'inverse est présentée comme authentique et durable. Elle repose selon lui, sur la prise en compte des besoins des populations, la reconnaissance de leur voix et de leur avis, un sentiment de bien-être collectif. Avec cette paix, une population satisfaite devient elle-même gardienne de la paix, car elle a intérêt à la préserver.
Appui historique et comparaison internationale
Pour renforcer la crédibilité de cette distinction, Charles Blé Goudé s'appuie sur l'expérience occidentale après la Seconde Guerre mondiale, marquée par des pertes humaines massives, la prise de conscience collective ayant conduit à la construction d'une paix basée sur l'équilibre et la satisfaction (appelée ici "équilibre de plateau").
Le président du Cojep reconnaît toutefois que cette paix est fragilisée par des intérêts économiques, ce qui montre une volonté de nuancer le propos et d'éviter une idéalisation excessive.
Légitimation par l'expérience personnelle
Dans son discours, il a intégré un récit de souffrance personnelle (enchaînement, détention) qui remplit deux fonctions. Celle qui montre sa constance et sa résilience. Il a expliqué l'évolution de sa pensée non comme un renoncement, mais comme un apprentissage. Cette expérience il la présente comme un point de départ vers une approche plus inclusive et plus stratégique de la paix.
Référence au modèle de Nelson Mandela
Dans son discours, il a fait référence à Nelson Mandela pour illustrer le refus de la vengeance, le rejet du remplacement d'une domination par une autre, la primauté de la coexistence sur la revanche. Cette comparaison permet de situer la philosophie défendue dans une tradition de réconciliation post-conflit sans nier les injustices passées.
Rejet explicite de toute domination identitaire
Dans son discours, il affirme un refus de la domination ethnique, religieuse, de toute suprématie communautaire. En quelque sorte, l'unité nationale est présentée comme l'objectif final, au-dessus des appartenances particulières. Cette position est assumée pleinement, même si elle ne fait pas l'unanimité.
Posture finale et appel implicite
Dans la conclusion de son discours, il adopte un ton personnel (« voilà ma vie », « voilà mon combat »). Non coercitif et dit : (« celui qui veut me suit, celui qui ne veut pas ne me suit pas »). A l'en croire, il ne cherche pas à imposer, mais à proposer une vision, présentée comme un héritage pour les générations futures et comme une condition pour une gestion équitable des ressources du pays.
En conclusion, son discours est une justification idéologique et morale d'une stratégie de paix inclusive. Il repose sur une critique de la domination, une valorisation de la satisfaction collective et une vision de l'unité nationale comme fondement de la stabilité durable.
L'ensemble est soutenu par des références historiques, une expérience personnelle marquante et un refus assumé de toute logique de revanche.