La digitalisation est un levier stratégique incontournable pour le développement de l'Afrique, avec des retombées directes sur l'économie, a affirmé le directeur exécutif de la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI).
"Aujourd'hui, quand on parle de digitalisation, c'est devenu quasiment quelque chose d'incontournable. Si on arrive à digitaliser en Afrique à un certain niveau, cela va impacter l'économie, l'emploi et tout le volet de la croissance", a déclaré Amadou Alpha Sall dans un entretien accordé à l'APS en marge du salon international du futur de la santé en Afrique GITEX Future Health Africa.
Le spécialiste de virologie a relevé que "cette dynamique s'accompagne de l'émergence de solutions africaines adaptées aux réalités locales", mettant en avant l'importance d'une approche endogène dans la résolution des défis du continent.
"Le fait qu'il y ait une réflexion endogène pour résoudre des problèmes locaux est extrêmement important si l'on veut aller vers de la souveraineté", a souligné le docteur Sall.
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Abordant les conditions de réussite de cette transformation numérique, le directeur exécutif de la CEPI a insisté sur la nécessité d'une gouvernance "structurée", tant au niveau national que régional, appelant à la mise en place de "cadres unifiés" permettant d'assurer la cohérence et la complémentarité des différentes initiatives.
Au niveau continental et sous-régional, Amadou Alpha Sall a recommandé un renforcement de la coordination entre les institutions, citant notamment les initiatives portées par des organisations telles que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Centre africain pour le contrôle et la prévention des maladies (Africa CDC), l'Organisation ouest-africaine de la Santé (OOAS) ou encore la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).
Le docteur Sall a, en outre, mis en exergue l'importance de la mutualisation des efforts à travers la mise en place de plateformes et de coalitions régionales.
Certains secteurs, notamment l'industrie pharmaceutique, nécessitent des marchés de grande taille pour être viables et attractifs pour les investisseurs, a fait savoir le docteur Sall.
Dans ce sens, il a encouragé une "meilleure coordination" entre pays africains, notamment dans les domaines de la production de vaccins, de la recherche et du diagnostic, afin de tirer partie des complémentarités existantes.
"Il est nécessaire de créer des espaces permanents de dialogue entre scientifiques, décideurs politiques et acteurs du financement, afin d'adapter en continu les stratégies aux évolutions rapides du domaine scientifique", a-t-il plaidé.
Le directeur exécutif de la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) a, dans ce sens, mis en avant le rôle stratégique de certains pays africains, dont le Sénégal, appelés à jouer un rôle moteur dans la structuration d'une réponse régionale et dans la promotion d'une souveraineté sanitaire accrue sur le continent.