Khartoum — Échange d'accusations entre le Soudan et l'Éthiopie, le premier ayant rappelé son ambassadeur de la capitale éthiopienne, Addis-Abeba.
Le gouvernement de Khartoum, représentant les Forces armées soudanaises (SAF), accuse l'Éthiopie et les Émirats arabes unis d'être responsables de plusieurs attaques de drones contre des cibles au Soudan. Un porte-parole des SAF a notamment déclaré que son gouvernement disposait de preuves indiquant que des drones ayant décollé de l'aéroport de Bahir Dar, en Éthiopie, avaient mené des attaques depuis le 1er mars 2026. Ces opérations auraient visé plusieurs zones, notamment l'État du Nil Blanc, l'État du Nil Bleu et les régions du Kordofan du Nord et du Sud.
Le 17 mars, la défense aérienne soudanaise a intercepté et abattu l'un des drones au nord d'El-Obeid. À la suite de cet incident, des équipes techniques ont analysé les données du drone et contacté le fabricant. Selon le porte-parole, l'analyse a confirmé que le drone, identifié par le numéro de série S88, appartient aux Émirats arabes unis et que son centre de contrôle se trouvait sur le territoire éthiopien, à l'aéroport de Bahir Dar. Les données de vol ont indiqué le point de décollage du drone et sa trajectoire dans l'espace aérien soudanais, où il a frappé des cibles à Al-Kurmuk et dans d'autres localités de l'État du Nil Bleu, ainsi que dans le Kordofan du Nord et du Sud.
Ces attaques de drones auraient été menées en soutien aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (Rapid Support Forces, RSF) qui, selon les Forces armées soudanaises (SAF), reçoivent une aide militaire de la part de l'Éthiopie et des Émirats.
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En réponse aux accusations soudanaises, le ministère éthiopien des Affaires étrangères a publié un communiqué dans lequel il rejette les affirmations soudanaises et riposte en affirmant que les Forces armées soudanaises (SAF) soutiendraient les rebelles tigréens du TPLF (Front populaire de libération du Tigré).
« Les Forces armées soudanaises ont fourni des armes et un soutien financier à ces mercenaires, facilitant ainsi leurs incursions le long de la frontière occidentale de l'Éthiopie. Les activités des mercenaires du TPLF au Soudan sont de notoriété publique, et il existe des preuves abondantes et crédibles démontrant que le Soudan sert de centre opérationnel à diverses forces anti-éthiopiennes. Il est évident que ces actions hostiles, ainsi que les accusations récentes et antérieures formulées par des responsables des Forces armées soudanaises, sont menées à l'instigation de commanditaires extérieurs qui cherchent à poursuivre leurs objectifs néfastes », affirme le communiqué du ministère des Affaires étrangères d'Addis-Abeba.