Afrique: Hantavirus - Des mesures hardies s'imposent

Un navire en situation d'errance ! C'est le moins que l'on puisse dire du MV Hondius, du nom de ce navire immobilisé dans l'Atlantique. Il devait accoster au Cap-Vert mais il en a été empêché.

Pour quelle raison ? Parce qu'à bord se trouvent trois personnes soupçonnées d'être porteuses d'hantavirus. Peut-être même qu'au moment où vous parcourez ces lignes, ces trois cas suspects ont été évacués, permettant ainsi au navire de continuer sa progression vers les Iles Canaries où il devrait arriver dans quelques jours. Qu'appelle-t-on donc Hantavirus, du nom de ce mal qui répand la terreur ? Il s'agit, en effet, d'une maladie qui est apparue pour la première fois dans les années 1970 près de la rivière Hantan, à la frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.

Le mode de propagation de hantavirus par voie humaine, est rare, mais les choses peuvent avoir évolué face aux différentes mutations du virus

Le virus a été isolé chez un petit rongeur (le mulot rayé), après avoir provoqué une fièvre hémorragique grave chez plus de 3 000 soldats lors de la guerre de Corée. Elle est principalement transmise à l'homme par l'urine, les excréments ou la salive de rongeurs infectés et non par transmission interhumaine.

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Si Hantavirus n'est pas contagieux comme Ebola et le Covid-19, pourquoi alors fait-il autant peur à l'humanité ? Telle est la question que plus d'un se pose et ce, au regard de l'inquiétude mondiale qui grandit. En fait, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), après le décès de trois personnes à bord du navire, se veut très prudente et n'écarte pas, pour l'instant, une transmission inter-humaine.

En agissant ainsi, l'OMS est dans son rôle. Elle préfère prendre les devants afin de parer à toute éventualité surtout qu'il s'agit là d'une question de vie ou de mort. Certes, il est vrai que le mode de propagation de hantavirus par voie humaine, est rare, mais les choses peuvent avoir évolué face aux différentes mutations du virus. On l'a déjà vu avec d'autres pathologie virales qui ont failli faire douter les chercheurs et autres scientifiques. En tout cas, aux grands maux, les grands remèdes, a-t-on coutume de dire.

Car, pour avoir été échaudé après Ebola et le Covid-19, le monde entier sait à quoi s'en tenir. Il ne doit négliger aucune maladie surtout que l'hantavirus a déjà montré son visage hideux en ôtant la vie à plusieurs personnes. Dès lors, on comprend pourquoi le continent africain, de son côté, commence aussi à se secouer. En effet, dès l'apparition des premiers cas confirmés au Cap-Vert, bien des pays ont pris les devants en activant leur plan de riposte épidémiologique.

C'est le cas, par exemple, de l'Afrique du Sud et de la Côte d'Ivoire, pour ne citer que les deux, qui ont sonné le tocsin en prenant des dispositions nécessaires pour contrer une éventuelle arrivée d'hantavirus sur leur sol. C'est tout à leur honneur. Car, face à l'urgence de la situation, des mesures hardies s'imposent pour autant que l'on ne veuille pas jouer les médecins après la mort.

Etant donné qu'il y a péril en la demeure, les dirigeants doivent se donner les moyens qu'il faut pour sauver l'essentiel

En tout cas, c'est grâce aux efforts conjugués des uns et des autres que l'humanité, à défaut d'éradiquer totalement hantavirus, pourra le réduire à sa plus simple expression. Il y va de l'intérêt de tous. Et entre autres mesures à prendre, il faut, en plus de calfeutrer les habitations et de stocker les aliments dans des contenants hermétiques pour les mettre à l'abri des rongeurs, veiller au nettoyage des déjections tout en procédant à l'éradication des pièces fermées. Le respect scrupuleux de ces mesures dépend en grande partie des dirigeants qui, étant donné qu'il y a péril en la demeure, doivent se donner les moyens qu'il faut pour sauver l'essentiel.

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